Visionnage de la série classique : le bilan (spoilers possibles)

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Malohkeh
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Visionnage de la série classique : le bilan (spoilers possibles)

Messagepar Malohkeh » 14 Mai 2015, 17:18

2 ans après Lady Elegantica, mon tour est venu de faire un petit point sur mon visionnage de la série. Et oui, ça m’a pris un temps énorme, ayant dû commencer Unearthly Child en 2009, mais j’ai finalement atteint Survival !! Il faut dire que je n’ai pas regardé la série de façon régulière, mais que j’ai plutôt pratiqué une série de petits « sprints » à travers les différentes saisons, chaque fois que le manque de Timey Wimey se faisait sentir. J’ai donc parfois pu me regarder 2 saisons d’affilées avant de m’arrêter pendant des mois.

Comme vous avez pu le deviner, je me suis efforcé de regarder la série dans l’ordre chronologique. A vrai dire, à l’origine, je voulais regarder 100 % de la série classique, mais je dois avouer que j’ai buté sur les épisodes reconstitués. Après avoir failli mourir submergé par les hordes de télésnaps aux ordres de Kubilaï Khan, j’ai finalement décidé qu’il était plus sage pour ma santé mentale de sauter systématiquement les arcs incomplets. Je me suis dit que d’ici à ce que je finisse la série classique de nouveaux épisodes auront été retrouvés ou recréés en animation. L’avenir m’a donné raison.

A ceux qui se demandent s’il est vraiment agréable de regarder tous ces vieux épisodes en noir et blanc, et si ça vaut vraiment le coup de s’enchaîner autant de saisons, je répondrai oui, ça vaut le coup, mais il faut avouer que le début de la série n’est pas toujours très enthousiasment pour le spectateur du 21ème siècle. En réalité, la chose ne tient pas tellement au noir et blanc, ni aux effets spéciaux à la ficelle et au scotch. Tout ça, on s’y attend dès qu’on décide de s’y mettre et on s’y fait très vite. La difficulté vient surtout du rythme. En effet, si les épisodes ont presque toujours eu à peu près la même durée tout au long de série (une vingtaine de minutes), le nombre d’épisodes par arc a, lui, beaucoup varié. Jusqu’au début de l’ère du troisième Docteur inclus, il n’y avait aucune règle quant à la longueur des arcs, et ils étaient souvent incroyablement longs, sans que l’histoire ne le justifie toujours. C’est pourquoi il se peut que vous vous ennuyiez dans certains arcs des 7 premières saisons, parfois même quand l’histoire est bonne (ex : The Silurians). Mais, par la suite, cela se stabilisera pendant une grande partie de la série entre des arcs « longs » de 6 épisodes et des arcs « courts » de 4 épisodes, qui correspondent grosso modo en terme de durée à des doubles et triples épisodes de la nouvelle série. Là, le rythme est beaucoup mieux géré, et il est beaucoup plus rare de s’ennuyer. Quoi qu’il en soit, si vous gérez correctement votre propre rythme de visionnage, vous devrez pouvoir passer outre ce problème et prendre de plaisir devant les arcs les plus longs des premières saisons.

Mais assez parlé du format, intéressons-nous plutôt à l’histoire du Docteur et de ses multiples incarnations.

Le Premier Docteur : le prototype

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Quand j’ai commencé à regarder la saison 1 de DW, j’ai été frappé à quel point le Docteur était différent de tout ce que j’avais pu en imaginer. A travers les yeux d’Ian et Barbara, on découvre d’abord un homme mystérieux et même inquiétant, qui ne soucie que de la sécurité de sa petite fille. Il commence d’abord par les kidnapper par peur de les voir révéler son identité, et, quelques épisodes plus loin, veut même les balancer dans l’espace par la porte du TARDIS. En fait, on découvre assez rapidement que le Docteur se considère comme un exilé, et n’a pas encore vraiment pris l’habitude de l’aventure avec un grand A. Dans beaucoup d’histoires, il laisse ses compagnons prendre les devants, et ce n’est que sous l’influence de Suzanne qu’il commence petit à petit à changer d’attitude. Car 1 est le Docteur qui évolue le plus. En fait, même si on a l’impression de prendre le Docteur au milieu de ses aventures dans l’épisode 1, sa rencontre avec Ian et Barbara est peut-être le plus grand tournant dans la vie du Seigneur du Temps. Grâce à eux, il va commencer à apprécier les humains, et se montrer de plus en plus concerné par le monde qui l’entoure. Après le départ de Suzanne, il deviendra vraiment le Docteur tel qu’on le connait, beaucoup plus aventureux, mais cherchant toujours de nouveaux compagnons pour combler sa solitude.

Concernant les histoires de cette période, on voit que les scénaristes ne savaient pas encore vraiment quel ton donner à la série. Tantôt les épisodes se veulent très sérieux, tantôt ils sont purement comiques. Bref, tout comme le Docteur, la série est encore en train de se chercher.


Le Second Docteur : l’archétype

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En découvrant 2 pour la première fois, je me suis dit que c’était comme ça que j’imaginais le premier Docteur avant de me lancer dans les classiques. Excentrique à souhait, très attachant, il passe souvent volontairement pour un idiot, mais ce n’est que pour mieux surprendre ses adversaires par son génie. Pour moi c’est vraiment Troughton qui a redéfinit le personnage, et il n’est pas étonnant que nombre de ses successeurs le citent comme une source d’inspiration pour leur propre Docteur. Son côté manipulateur préfigure celui de 7, qui ne fait que pousser plus loin cet aspect de notre prydonien préféré.

Les histoires de cette période sont aussi beaucoup plus proches du ton général de la série tel qu’on la connait : un mélange indéfinissable de sérieux et d’humour, qui est un peu ce qui fait la marque de fabrique de la SF version britannique. Ceci étant, même si cette période semble avoir son lot d’épisodes, disons, bizarroïdes, les scénaristes modernes pourraient bien recevoir des leçons de leurs ainés pour ce qui est de rendre les monstres dérangeants. Les Cybermen de cette période, par exemple, sont de loin les plus réussis de toute l’histoire de la série. : Loin de ressembler à des robots « design », ils ont vraiment l’air de zombies cybernétisés.


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- YOU SHALL BECOME LIKE US !

heu non merci sans façon…


Le Troisième Docteur : le dandy aventurier

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Sans doute le Docteur le plus atypique de toute la série. Cela peut paraitre bizarre à qui ne l’a jamais vu dans ses œuvres, mais 3 est sans aucun doute le Docteur le plus physiquement investi dans l’action (y compris comparé aux NewWho). Grâce à son Aïkido vénusien, il n’a aucun mal à se débarrasser de plusieurs adversaires à la fois. Il lui arrive aussi d’utiliser des armes, mais il reste avant tout un scientifique. D’ailleurs c’est aussi l’un des meilleurs bricoleurs de technologie alien de toutes ses incarnations. 3 est également le premier Docteur à se comporter en meneur et à se jeter au milieu de l’action sans la moindre hésitation. Bref, il serait dommage de passer à côté de lui.

Sa période est aussi le début de l’âge d’or de la série. DW ayant trouvé sa maturité sous Troughton, les scénaristes ont pu commencer à étoffer l’Univers, en introduisant, entre autres ; les Autons, les Siluriens, les Sontariens, et surtout, le Maître, dans sa première et meilleure incarnation : Delgado !! Pour la première fois les Humains n’ont pas toujours le bon rôle, et il ne suffit plus de juger les aliens sur leur apparence pour savoir où se situe la morale. Bref, c’est une période où tout ne cesse de s’améliorer !


Le Quatrième Docteur : l’électron libre

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Si étonnant que ça puisse paraitre, j’ai eu un peu de mal à me faire à ce Docteur, pourtant adulé par les fans. Il faut dire que 4 est très théâtral dans sa manière d’être, au point que j’ai eu d’abord l’impression que Tom Baker sur-jouait (ce qui est peut-être un peu le cas tout de même). Si j’ai lu que Baker a « plus renouvelé le personnage que ses prédécesseurs », j’ai plutôt l’impression de voir dans 4 un savant mélange des 3 précédents. Comme 2, il se laisse sous-estimer par ses adversaires en passant pour un illuminé et pratique l’autodérision. Comme 3, il fonce dans l’action, n’hésite pas à donner quelques coups de temps à autre et se sent à l’aise dans le rôle de leader (en se moquant au passage ouvertement de ses adversaires.). Il y a même un peu de 1 dans son côté grincheux et soupe au lait. Si 4 à quelque chose de nouveau par rapport à ses anciennes incarnations, c’est son côté plus imprévisible, dont ont hérité beaucoup de ses successeurs.

Là où brille particulièrement la période Tom Baker, c’est par la qualité des histoires. La série atteint vraiment là son apogée avec des arcs mythiques, comme Genesis of the Daleks, pour ne citer que lui. 4 a également bénéficié de certains des meilleurs compagnons classiques : Sarah Jane, la première femme émancipée à faire vraiment son trou dans le TARDIS ; Romana, l’égale du Docteur ; et même, dans une bien moindre mesure, Leela, la redoutable sauvage. Bref, je suis obligé de me ranger à l’avis général, et de dire que c’est vraiment la meilleure période de la série classique.


Le Cinquième Docteur : le gentil vacancier

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Alors oui, 5 est sympa, très sympa même. Mais au risque d’en choquer certains, il l’est beaucoup trop. 5 m’a donné l’impression qu’il abandonnait aux compagnons le contrôle de son TARDIS, pour ne pas dire de sa vie. Laisser plus de place à ses petits camarades c’est bien, mais ne plus apparaître que comme un vacancier rêveur et effacé au milieu de passagers tous plus charismatiques que lui, je n’accroche vraiment pas. 5 n’a vraiment l’air de se réveiller qu’après la mort d’Adric. Comme s’il lui avait fallu un rappel à l’ordre pour qu’il comprenne que c’était à lui de manager l’équipe, en tant qu’aventurier le plus expérimenté. On sent même qu’il voudrait bien que certains de ses compagnons s’en aillent, mais qu’il n’ose pas vraiment les mettre à la porte…

Pour ce qui est des arcs de son époque, et bien, on entre dans l’ère de la décadence de la série. C’est malheureusement aussi simple que cela. Il y a toujours de bons arcs, mais ils se font plus rares, et on commence à en voir apparaître de vraiment très mauvais (je pense à Time-Flight entre autres). Ainley, en Maître, n’est qu’une bien pâle copie de Delgado, même s’il lui arrive d’avoir de bons moments. Quant aux compagnons, il faut bien parler de la plus insupportable personne à avoir jamais mis les pieds dans le TARDIS, j’ai nommé
Tegan Jovanka !! Non mais honnêtement, comment peut-on seulement se plaindre d’Adric, quand, juste à côté, se trouve Tegan pour focaliser notre haine ?? Adric n’est juste qu’un ado qui n’arrive pas à trouver sa place. Un peu pénible par moment, peut-être, mais avec un réel potentiel qui ne demande qu’à exploser. Tegan… Tout ce qu’elle a réussi, c’est me faire apprécier la fin de Time-Flight (ce qui m’empêche de le classer comme pire arc classique). La scène la plus horrible de toute la série, je pense, se trouve à la fin de The Arc of Infinity, quand elle annonce au Docteur qu’elle veut revenir dans le TARDIS.

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On peut sentir toute la détresse de 5 qui est trop poli pour l’envoyer promener. Sniff, je crois que je n’ai jamais eu autant de compassion pour lui !

Vous l’aurez deviné, contre toutes mes attentes, la période 5 est celle que j’ai le moins apprécié de la série !



Le Sixième Docteur : le maniaque narcissique


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En comparaison du cinquième Docteur, le sixième a été pour moi une relativement bonne surprise. 6 est réputé avoir une personnalité antipathique, mais après un Docteur totalement effacé, un Docteur avec du caractère, ça fait du bien ! Certes, son costume pique les yeux, mais on s’y fait assez vite. Après tout, il est constamment entouré d’extraterrestres, et il est tout à fait possible qu’il soit habillé à la mode du 26ème siècle. Pour en revenir à son caractère, je peux comprendre qu’il en rebute plus d’un. Il me fait penser à une sorte d’artiste allumé à l’ego surdimensionné, un Salvador Dahli de l’espace-temps avec un côté dangereux. Son côté violent, néanmoins, s’atténue assez vite je trouve. 6 aboie beaucoup, mais mord finalement moins qu’on pourrait s’y attendre. Bon OK, il balance quand même un adversaire dans un bain d’acide… Ce qui est plus constant chez lui c’est son côté théâtral, peut-être hérité de 4. 6 est constamment en train de se mettre en scène, il en fait des tonnes et fait preuve de la plus profonde mauvaise foi qu’on puisse imaginer. Au final, après m’avoir un peu énervé au début, j’ai fini par le trouver drôle et attachant.

Ses arcs ne sont certes pas tous brillants, et ses compagnes de voyages sont peu intéressantes. Néanmoins, comme vous pourrez le lire partout, Vengeance on Varos et Trial of a Timelord valent à eux seuls le détour.


Le Septième Docteur : le manipulateur retors

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Le petit chouchou de Dusty a toutes les qualités d’un grand Docteur. Excentrique et attachant, génial, maître dans l’art de la manipulation, il aurait pu redonner à la série un nouvel âge d’or si elle n’était pas déjà mourante. 7 est en fait le digne héritier de 2, mais avec une expérience et une détermination bien supérieure. Il est vraiment dommage que McCoy n’ai pas eu une ou deux saisons de plus pour développer son Docteur, mais Dusty nous dira que cela a été corrigé dans les romans et chez Big Finish (il faudra d’ailleurs que je m’y lance ;)).

La première saison de 7 est un peu insipide, c’est dans les deux dernières saisons qu’on commence à vraiment sentir un nouveau souffle sur la série (hélas, trop tard !). L’idée de Cartmel, à savoir restaurer le mystère autour du Docteur, était vraiment excellente. On peut juste regretter que le Docteur devienne soudainement « tcheaté ». La supériorité de ses capacités par rapport à ses anciennes incarnations est peut-être un peu trop frappante (il se met à manipuler des artefacts ultra-puissants et devient capable d’hypnotiser son monde comme le Maître en personne). Son secret aurait aussi pu être amené un peu plus subtilement. Mais je chipote, car l’intérêt est vraiment de retour ! Evidemment, il faut également citer l’apparition d’une des compagnes les plus intéressantes de la série, Ace, dont les capacités et le tempérament complètent parfaitement 7 ! Je conseille donc vivement de découvrir ce Docteur, mais avec un avertissement : ses histoires sont souvent surréalistes, pour ne pas dire psychédéliques. Il vaut mieux éviter de commencer les classiques par lui, et regarder ses épisodes avec un esprit suffisamment ouvert pour les apprécier à leur juste valeur.

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Le Huitième Docteur : le rêveur romantique

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J’ai un peu de mal à considérer 8 comme un Docteur classique. Non seulement il fait ses débuts après la fin de la série proprement dite, mais il se détache complètement de ses prédécesseurs. Il est plutôt le chaînon manquant entre les classiques et les modernes. 8 est le premier Docteur à assumer ouvertement une libido, alors que dans toute la série classique, on ne pouvait que supposer une attirance pour telle ou telle compagne. Avec son air de sortir d’un film romantique à l’anglaise, il ressemble beaucoup plus à un héros « traditionnel » que ses prédécesseurs, le genre jeune aventurier qui triomphe de l’adversité et finit avec « la fille » à la fin. C’est d’ailleurs pratiquement ce qui se passe dans le film. Je n’ai eu pour l’instant qu’un aperçu de 8 dans les audios (j’ai écouté la saison 1 des Eighth Doctor Adventures). Là, c’est plutôt son côté flegmatique qui m’a frappé. Il est aussi, dans un sens, beaucoup plus humain que ses deux prédécesseurs direct mais sans jamais oublier qu’il est LE Docteur, ce qui en fait un Docteur beaucoup plus convaincant que 5.

Quant au film lui-même, il faut bien le reconnaître, c’est plutôt mauvais. On est vraiment typiquement dans les codes d’une série B américaine des années 90, et quiconque se souvient de cette époque doit comprendre ce que ça implique comme degré de nullité. Avec le personnage asiatique qui ne sert qu’à jouer le jeune chinois de service, je me suis cru dans Tortue Ninja 2, il ne lui manquait que les pizzas. Eric Roberts, qui n’était pas vraiment un acteur qui m’avait marqué jusque-là, donne ce qui doit être sa plus mauvaise performance (en tout cas je l’espère pour lui). Je ne suis pas un grand fan d’Ainley, mais là, il faut bien avouer que Roberts est le plus mauvais Maître de l’histoire de DW. Même Gordon Tripple s’en tire mieux que lui, je trouve (sisi, l’acteur qui joue le Maître au moment de son exécution par les Daleks, au début du film !). Bref, si on compte aussi l’histoire de faire du Docteur un demi-humain, je pense que, quelque part, c’était une bonne chose que la série ne renaisse pas dans la foulée. Ce que Big Finish a proposé par la suite me semble bien mieux !


Et voilà, j’ai terminé mon (long) tour d’horizon de la série. Pour les personnes intéressées voici une petite sélection de bons épisodes, agrémentée d’épisodes plus décalés (volontairement ou non) :

Arcs classés par Docteur :
1 : The Dalek Invasion of Earth (+ The Web Planet pour le côté totalement WTF)
2 : The War Games (+ The Mind Robber pour les mêmes raisons)
3 : difficile de faire un choix, mais un rarement cité est Frontier in Space (+ Carnival of Monsters)
4 : idem, disons The Hand of Fear pour changer (+The Face of Evil qui est bizarre mais bien)
5 : Enlightenment (+ Time-Flight si vous voulez souffrir)
6 : Vengeance on Varos (+ The Ultimate Foe, typique d’un bon scénar « amélioré » par la production)
7 : Remembrance of the Daleks (+ The Greatest Show in the Galaxy qui est une vrai merveille en fait)

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Merci à ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu’ici. Quant à moi, il ne me reste plus qu’à attaquer les audios. J’aimerais continuer à suivre Ace et 7, mais est-ce qu’il existe une timeline officielle pour les aventures BF ?
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