Le Docteur et l'Ange [G]

Qu'elles soient courtes, ou en plusieurs chapitres, venez faire partager vos FanFics avec la communauté.
Avatar de l’utilisateur
AngelTen
Sonic Screwdriver : Niveau I
Messages : 27
Enregistré le : 21 Sep 2012, 17:30

Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar AngelTen » 21 Sep 2012, 18:05

Titre : Le Docteur et l'Ange
Rating : G (tous publics)
Genre : SF/Drame
Diclaimer : Aucun personnage ou élément de l'histoire ne m'appartient. Doctor Who est la propriété de la BBC.
Spoilers : Saison 1,2,5.
Docteur(s) : Dixième et Onzième
Notes de l'auteur
L'histoire se déroule entre 2005 et 2009.
Liste des personnages (complétée au fur et à mesure des publications) :
(Les personnages en italiques sont ceux dont il est fait mention mais qui ne sont pas présents dans la fiction.)
-Le Docteur, environ 900 ans, Seigneur du Temps.
=Le 10ème Docteur
=Le 11ème docteur
-Angel Bain, 27 ans, secrétaire du Professeur Reynolds et étudiante en psychologie à l'université de Kew.
-Piers, 15 ans, étudiant en sciences fondamentales à l'Université de Kew.
-Le dr. Reynolds, âge inconnu, directeur de l'université de Kew, ancien psychiatre.
-Amelia Pond, 21 ans, embrassadrice et compagne du 11ème Docteur.
-Rose Tyler, ancienne compagne du 10e Docteur.
-Donna Noble, future compagne du 10e Docteur.



***************************************************************************************************************************

Prologue : Une étrange cabine bleue tombée là par hasard...
Trois heures du matin, dans une cité universitaire de la banlieue de New York. Angel Bain, la vingtaine, tapait des mots sans suite sur son ordinateur. Quelque part dans le bâtiment à côté, une bande d'étudiants faisaient la fête à n'en plus finir. Entre les profs qui corrigeaient des devoirs jusque pas d'heure, ceux qui révisaient et ceux qui dansaient, peu d'habitants avaient l'oeil fermé. Mais personne n'était dehors. Et pour cause, il faisait moins cinq.
Quand une mystérieuse boîte bleue s'écrasa dans les poubelles de la résidence F, Angel ne leva pas les yeux tout de suite. Elle avait l'habitude des bruits bizarres causés par des étudiants ivres ou des profs un peu dérangés – à moins que ce ne soit l'inverse. Ce fut plutôt la lumière au sommet du vaisseau qui lui fit lever la tête. Elle perçait directement à travers ses rideaux de voile blanc, comme un signal de détresse. Angel leva la tête, et vit la lueur au-dessus de la cabine de téléphone lui faire un clin d'oeil. Elle secoua la tête pour chasser la vision, mais elle était toujours là.
Angel soupira. Ce n'était définitivement pas des étudiants ivres.
Elle sortit d'un tiroir de son bureau une lampe de poche et descendit au pied de l'immeuble E. En ouvrant la porte, elle eut un frisson. Ah oui, c'est vrai, il faisait moins cinq et elle ne portait qu'une chemise blanche comme la neige et un jean délavé. Le gel commençait déjà à recouvrir ses orteils. Elle remonta prendre un pull et des chaussures. Pas de doudoune. Il faisait froid, mais elle était habituée au froid. Ses parents étaient des immigrés scandinaves. La neige, chez elle, c'était comme une seconde nature.

Elle s'approcha de la boîte, sa torche à la main. Alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres, la porte s'ouvrit. Angel recula. Un homme sortit alors de la cabine bleue en titubant. Il s'étala par terre sur le bitume gelé et tenta en vain de se relever. Angel se précipita pour l'aider et le releva tant bien que mal.
Il était conscient, mais très affaibli. Il avait besoin de s'allonger quelque part. Elle le soutint jusqu'au perron de l'immeuble. C'est alors qu'une tête familière apparut dans le hall.

-Hé, psssst, Angie, c'est toi qui fait tout ce boucan avec les poubelles ?

Piers avait quinze ans. C'était le plus jeune locataire du campus, et un beau petit surdoué un peu nerd sur les bords.

-Piers, qu'est-ce que tu fait encore debout ? Va te coucher ! rétorqua Angel.
-Je pourrais t'en dire autant, fit-il d'un ton blasé. C'est qui ? ajouta-t-il, désignant du menton l'homme en manteau de daim qu'elle soutenait tant bien que mal. C'est ton nouveau petit ami ? Remarque, il serait tem...
-T'occupe, souffla-t-elle. Et aide-moi à le porter jusque dans ma chambre.

Piers haussa les épaules. Il n'était plus à ça près, surtout à cette heure-ci. Alors qu'ils essayait de monter les trois étages en hahanant, il demanda :

-Dis, t'as entendu le boucan tout à l'heure ?
-Quel boucan ?
-Bah, les poubelles...
-C'était lui.

Elle poussa un soupir et poussa la porte de son mini-appartement, et retint l'homme pendant que Piers dégageait grossièrement le foutoir sur le lit.

-Bon sang, Angie, tu dors jamais dans ton lit ou quoi ? S'exclama le garçon. Et comment ça c'était lui ?

Elle l'allongea sur le lit et s'écroula sur sa chaise de bureau, épuisée.

-Je sais... pas... Il est arrivé comme ça, dans sa boîte bleue, il a explosé les poubelles, et est sortit un pied devant l'autre, à moitié bourré.

Les yeux de Piers devinrent ronds comme des billes. Il ouvrit le rideau et jetta un oeil à la cour. Dans la clarté nocturne, derrière une benne renversée, la lumière au sommet de la cabine de téléphone distillait une lumière rassurante.

-Bordel de merde ! S'exclama l'adolescent.
-Comme tu dis.
-Tu crois que c'est un alien ivre ? Il se serait transformé en humain juste pour découvrir ce que ça faisait de se beurrer la gueule !

Angel poussa un soupir. Elle aimait bien Piers, mais ses idées sorties tout droit d'un film de SF quelconque étaient parfois franchement tirées par les cheveux.
Mais le pire, c'était que Piers n'était pas si loin de la vérité.


Chapitre 1 : Un ange tombé du ciel
-Alors, bien dormi ?

L'étranger se frotta les yeux. Autour de lui, dans le plus minuscule studio qu'il n'ai jamais vu, s'étendait plus de bazar que ne pouvait en accumuler un humain normal, son logement fût-il trois fois plus grand. Des papiers, des vêtements, des antiquités diverses et variées, un globe terrestre, deux ou trois instruments de musique, des livres, du matériel éléctronique, tout cela était entassé sur les étagères bancales qui montaient jusqu'au plafond et menaçaient de s'écrouler à tout moment. Seul le coin cuisine était extraordinairement propre, et Angel radieuse préparait du thé.

-Faites pas attention au désordre, dit-elle d'un ton joyeux. Allez, venez, installez-vous !

Il se leva péniblement. Chaque mouvement était douloureux, comme s'il était tombé dans des escaliers et qu'il avait rebondi contre chaque marche. Il n'avait aucun souvenir de la vieille, et encore moins de comment il était arrivé ici. Mais il n'était pas opposé à une bonne tasse de thé.

-Où suis-je ? Demanda-t-il.
-Chez moi.

Il remarqua le fauteuil de bureau dans lequel était imprimé une marque de fesses et fronça les sourcils. Le mystère quant à savoir où elle avait dormi était partiellement résolu.
Un adolescent ensommeillé poussa la porte de l'appartement et vint s'affaler sur un des poufs qui entouraient la table basse ou la jeune femme servait le thé.

-Piers ! S'exclama-t-elle. Comment ça va ? Passé une bonne nuit ?

Il lui jetta un coup d'oeil effaré.

-Bon sang Angel, ne dors-tu donc jamais ?
-J'avais du travail cette nuit, répondit-elle. Je devais retaper les rapports du Pr. Reynolds sur ses patients.
-Alala, il est pas possible ce mec. Il te donne trop de travail. Avec tout ça, tu pourras jamais finir ta thèse avant d'être à la retraite. Tiens, il est encore là lui ?

Piers se tourna vers le Docteur, qui se servit une tasse de thé et y trempa un jelly baby d'un air innocent. La poudre sucrée blanche s'étira à la surface comme un voile.

-Oui, il est encore là, répondit Angel. Pourquoi, ça te pose un problème ?
-Je parie que tu ne connais même pas son nom. C'est bien ton genre, ça, de récupérer des clochards dans la rue et de les laisser se taper l'incruste chez toi.
-C'est pas un clochard, il est arrivé dans une cabine de téléphone bleue.
-Vous êtes qui ? demanda Piers au Docteur d'un ton abrupt.
-Je suis le Docteur.
-Docteur qui ?
-Juste le Docteur.

Il rajusta sa robe de chambre. Piers continuait de le fusiller du regard. Il finit par se lever et ouvrir un placard en pestant :

-Angel ! Ou est-ce que tu range tes céréales ?
-Je sais pas, répondit-elle.
-T'es vraiment la secrétaire la moins organisée que je connaisse.
-Hé, tu n'étais pas censé amener tes propres cornflakes ? Répliqua-t-elle, vexée. Espèce de no-life.
-Blondasse.
-Hé !

Il referma le placard d'un air morne et se servit un jus d'orange. Le Docteur le regarda faire avec intéret, puis se tourna vers Angel et demanda doucement :

-Alors, vous êtes...
-Angel Bain, fit-elle en tendant la main. Assistante du Pr. Reynolds.
-Tu es surtout sa première patiente, s'exclama Piers.

Angel le fusilla du regard. Elle qui était si enjouée un instant auparavant semblait se fermer d'un coup. Piers venait de dépasser une limite sensible. Pour détendre la conversation, le Docteur demanda :

-Qui est le professeur Reynolds ?

Angel ne répondit pas. Elle était repartie pour un monde intérieur impénétrable. Piers se chargea de répondre, faisant comme si de rien était :

-Un grand ponte de la psychiatrie. Il dirige quasiment l'université depuis quelques années. C'est lui qui fait passer les entretiens d'embauche des nouveaux profs. L'idole d'Angel, ajouta-t-il avec un sourire narquois.
-La ferme.

Elle passa la main dans ses cheveux blonds presque blancs, qui moussaient sur sa nuque comme un mouton de paille. Son regard se perdit dans la contemplation de la neige qui recouvrait la boîte bleue du Docteur. Dans l'étendue blanche, quelqu'un avait fait une empreinte, comme si un ange était tombé du ciel. Elle consulta sa montre.

-Oh mon dieu, il faut que je me dépêche ! Le professeur m'attends ! Piers, je te laisse ranger la vaisselle avec le Docteur !

Elle laissa tomber ses clés dans le pot sur la commode prévu à cet effet. Piers la regarda d'un air horrifié.

-Il va rester ici ? Tu laisse les clés de ton appart' a un clodo de l'espace ?
-Je ne suis pas... je ne suis pas un clodo ! rétorqua le Docteur, vexé.

Piers le considéra de haut en bas, deux fois, lui, sa chemise froissée, ses cernes sous les yeux et la robe de chambre trop petite empruntée dans l'armoire de son hôte. Il émit un grognement sceptique, ce à quoi le Docteur répliqua par une réplique tout droit empruntée à un enfant de dix ans :

-Angel, dites-lui que je ne suis pas un clochard !

La jeune femme se retourna vers eux, mi-agacée mi-attendrie. Elle plongea ses yeux gris chaud dans ceux du Docteur et se pencha sur lui avec un sourire.

-Vous n'êtes pas un clochard, le rassura-t-elle.

Elle déposa un baiser sur son front. Il était étonné que ce soit aussi facile. Mais la dernière fois qu'il avait rencontré une humaine qui l'avait accueilli sans chercher à savoir était si loin... Il ne voulait pas affronter la neige, le temps et l'espace. Il en avait assez, courir sans Elle était épuisant. Et Angel avait l'air de ne pas être gênée. Il pourrait juste, oui, juste...
Elle posa sa main sur son épaule. Son haleine sentait encore la vieille Sylvadonne des prairies de Gallifrey qu'il avait bue la veille au soir. Sa dernière bouteille. Désormais, plus rien ne pouvait lui rappeler sa planète... Il se sentait seul. Auparavant, la maison de Rose et Jackie auraient pu être son refuge, mais à présent il n'avait plus nulle part où aller. Piers avait raison : c'était un SDF.

-Restez, murmura-t-elle comme si elle avait senti son désespoir. C'est chez vous ici.

Il acquiesca et laissa aller sa tête sur le pouf à côté de lui. Elle avait raison. Il avait besoin de s'arrêter.


Chapitre 2 : Reynolds et Anderson
Le prendre ou ne pas le prendre, là est la question.

La voix martelait dans sa tête comme un vieux tambour à l'orchestre. Comme à chaque fois qu'elle assistait à l'entretien d'embauche d'un nouveau professeur. En face, un jeune homme des plus étranges se tortillait sur sa chaise, impatient d'en bondir.
Mr. Anderson. Elle entendait sa voix dans sa tête lui chuchoter des choses étranges. Il parlait tellement vite qu'elle en était épuisée.

-Bien, je crois qu'il est qualifié pour le poste en mathématiques fondamentales. Comme de toute façon on a besoin d'un enseignant...

Le professeur Reynolds suspendit sa phrase. L'entrevue avait duré suffisament longtemps, ils avaient suffisament parlé pour ne rien ajouter. C'est pour cette raison qu'Angel aimait tant le professeur : il ne disait jamais un mot de trop.
Mr. Anderson fit jouer son noeud papillon et se leva, l'air satisfait. Elle éteignit son téléphone sur lequel elle enchaînait les parties de Tetris pour se calmer l'esprit.
Angel Bain était un génie. Un génie malade mais un génie quand même.

Vivement qu'Anderson quitte les lieux !

-Miss Bain, mon petit, pourriez-vous ôter l'annonce pour le poste de notre site internet ? Et récupérez le rapport que j'ai fait aussi, pour le retaper. Vous pensez que ça ira pour demain ?

Elle prit le papier avec grâce et le rangea dans son éternelle pochette de plastique bleu.

-Je pense que ça ira, professeur.

Elle adorait le vieux Dumbledore, mais elle ne supportait plus ce travail. En plus, le rapport de l'entretien l'ennuyait au moins autant que le type en question, lequel se planta devant elle, mèche noire gominée en arrière et costume impeccable. De près, il était encore plus bizarre. Une peau blanche de vieil homme et de petits yeux bleu bébé. Il fit claquer ses bretelles et eut un sourire :

-Au revoir, Miss Bain.

Elle ne lui serra pas la main. Sa voix intérieure était trop insupportable. Dans le couloir, elle entendit celle, bien réelle, de la nouvelle étudiante rouquine qui l'accompagnait. Elle ferma douloureusement les yeux et ne sentit même pas le professeur Reynolds s'asseoir à côté d'elle.

-Mon petit, vous allez bien ?
-Je... oui, ça va...
-Vous avez pris vos médicaments ?

Elle hocha la tête. Oui, elle les avait pris, elle les prennait toujours, mais ça ne pouvait plus rien contre le mal qui l'habitait.

Le professeur Reynolds l'avait diagnostiquée comme schizophène. Elle entendait des voix, des hallucinations auditives impressionnantes qui faisaient de sa vie un enfer. C'était génétique, d'après le professeur. Son père l'était avant elle. Et sa grand-mère avant elle. Et encore avant...

* * *

-Je suis de retour !

Elle pénétra son appartement avec soulagement.

Ouais, encore gagné !

La voix de Piers qui jouait aux jeux vidéo avec sa télé avait quelque chose de soulageant. Mais il y avait quelque chose qui flottait autour... Oh, pourquoi ? La même sensation d'être prise au ventre d'avec Anderson, mais pas le même sentiment... Alors qu'Anderson était rempli de joie froide et sombre, celui là était d'une chaleureuse tristesse. Le Docteur, une manette de jeux vidéos dans une main, enfoncé dans sa robe de chambre, pianotait vaguement les commandes.

-Votre costume à bientôt fini de sécher, murmura Angel. Dès qu'il sera prêt, vous pourrez le récupérer et repartir.

Silence. Il la regarda d'un air morne et fatigué. Allons bon, voilà autre chose.

-Docteur...
-Pourquoi vous vous occupez de moi ? Demanda-t-il brutalement.
-Parce que vous êtes un taré, et qu'Angel, elle aime bien les tarés, coupa Piers.

Angel saisit le joystick des mains du Docteur et appuya avec colère sur un bouton. Le personnage de Piers explosa en milles morceaux et les termes "Game Over" envahirent l'écran. Il la traitait de toutes sortes de noms d'oiseaux abracabrantesques mais elle fit abstraction et se tourna vers le Docteur :

-Vous aviez bu, hier soir ?
-Oui.

Il baissa les yeux, honteux. C'était la dernière bouteille, en plus. Désormais, il ne lui restait plus rien qui lui rappellait cette bonne vieille Gallifrey.

-Vous êtes un alien ?
-Oui.
-Un alien qui boit ?
-Ce n'est pas habituel.
-Alors, pourquoi ?

Oui, pourquoi ? Il ne l'avait pas connue longtemps, et pourtant il l'aimait tellement... Il voulait juste oublier qu'il était un Seigneur du Temps. Il laissa aller sa tête contre sa poitrine. Il ne sut comment il se retrouva à sangloter sur sa presque plate poitrine. Elle le comprenait peut-être mieux que ce qu'il croyait. Elle faisait presque sa taille, d'où pouvait bien sortir la robe de chambre à votre avis ? Donna avait raison : il lui fallait quelqu'un.
Elle le laissait la toucher même si ça la prennait à la gorge. Dans sa tête, il martelait :

J'ai besoin... J'ai besoin... J'ai besoin... J'ai besoin...

-Vous avez sans doute besoin d'encore un peu de repos, Docteur, murmura-t-elle.

Il la regarda avec des yeux ronds. Elle sortit un tube de sa poche et avala un cachet. Elle entendait des voix, mais elle ne pensait pas que ça se voyait à ce point.

-Rose vous manque, je comprends, reprit-elle.

Ces mots lui firent reprendre des couleurs. Il fronça les sourcils.

-Comment connaissez-vous son nom ?
-J'ai deviné, c'est tout. Je suis douée à la devinette.

Elle prit un second cachet. Deux le soir, c'était sa prescription. Un pour Piers et un pour le Docteur. Elle passa une main dans ses boucles de cheveux. Les voix se calmaient toujours un peu quand elle faisait ça.

Et là, ma voix, vous l'entendez ? murmura le Docteur dans sa tête.

Oh non, non non non ! Pourquoi fallait-il qu'il s'y mette lui aussi ? Elle avait bien assez de ceux qui pensaient à plein temps, pourquoi celui-là s'y mettait avec sa gueule de bois ?

Oh, brillant, ajouta-t-il. Vraiment brillant ! Moi qui pensait simplement trouver en vous une future compagne de voyage, voilà que je me retrouve avec bien mieux que cela !

Il y avait quelque chose de bizarre dans la voix du Docteur. Comme si ce qu'il disait avait un certain sens. Mais les voix n'avaient jamais de sens. Elle était folle. Elle devenait folle. Elle était schizophrène, elle perdait la mémoire et entendait des voix. C'était son lot, sa malédiction. Mais le Docteur lui sourit, et caressa sa joue blanche comme du lait en boîte :

Vous n'êtes pas schizophène, Angel Bain, vous êtes télépathe.

A ce moment là, un homme frappa à la porte. Vêtu d'un costume de tweed et d'un noeud papillon, accompagné d'une fille à la longue chevelure flamboyante et la plastique irréprochable, il s'impatientait depuis plusieurs minutes déjà quand Angel et le Docteur vinrent leur ouvrir.


Chapitre 3 : Rencontres

Quelques heures auparavant, dans un Tardis pas si lointain...

-Alors, Docteur, où vas-t-on, cette fois-ci ?

Le Docteur passa sa tête derrière la console de pilotage. Sa mèche de cheveux noir sébourriffée et le noeud papillon un peu de travers, il avait l'air surexcité. Amy eut une moue souriante.

-Je ne sais pas, n'est-ce pas génial ! Oh, tiens, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu clignoter, celui-là !

Amy jetta un coup d'oeil dans la direction qu'il désignait du doigt. Une lampe verte avec un smiley collé dessus luisait joyeusement.

-Et... Il sert à quoi ?
-C'est quand un autre moi-même passe dans le coin ! S'exclama-t-il. Ooooh, ça fait un moment que je ne me suis pas croisé !

Amy haussa les sourcils, puis se détendit. Après tout, le Doc était un voyageur temporel, rien ne pouvait plus l'étonner. Il lui avait vaguement parlé des régénérations. Curieuse de voir, elle pressa le bouton.

-Amy, qu'est-ce que vous faites ? Si vous pressez ce bouton nous allons le suivre et... et le rencontrer !
-Justement, ça pourrait être très intéressant, non ?

Le Docteur fit une moue boudeuse. Il était inquiet. Si le Docteur se rendait quelque part, cela signifiait problèmes, et enquêter sur des phénomènes dont il n'avait même pas connaissance l'enchantait moyen. Mais ce n'était pas là la question. Car se rencontrer lui-même... il l'avait déjà fait, et il n'y avait aucun risque.

Non, le problème, c'est qu'il n'avait aucun souvenir de s'être croisé avec cette apparence. Jamais. Ce serait donc un futur lui ? Il appréhendait le douzième Docteur plus que n'importe lequel.


* * *

-Bonjour, je viens de m'installer à côté, je suis Mr. Anderson et voici mon amie Amy et...
-Je vous ai déjà vu.

Angel était si froide que la température de la pièce avait redescendu de deux degrés. Mais c'était de sa faute, sa voix intérieure était désagréable. Elle entendit le Docteur s'enfermer dans la salle de bain. Il se changeait sans doute, être en robe de chambre de fille un poil trop courte, ça passait devant eux, mais face à des inconnus... Elle lui lança :

Monsieur est pudique ?

Essayez de voir ce qu'il veut, et vous m'en direz des nouvelles, fit-il d'une voix grave.

Elle n'en revenait pas déjà d'avoir une conversation télépathique. C'était confus, si confus... Elle était heureuse d'avoir mis un nom sur le mal qui l'affectait, mais la violence des voix qu'elle entendait rendaient effrayante chaque personne qu'elle avait rencontré dans sa vie.

Je peux vous apprendre à contrôler votre don, Angel. Mais pour l'instant, essayez de voir ce que veux Mr. Anderson. Oh, et je peux vous emprunter vos petits rasoirs roses ? Je déteste cette barbe de trois jours, elle me donne l'air vieux.

Pourquoi vous ne lui parlez pas vous-même ? rétorqua Angel. Il fait tellement mal pour moi...

A l'intérieur de son cerveau, le Docteur poussa un soupir.

Je ne peux pas. Il est bloqué.

Anderson eut un sourire faux sur son visage de bébé carré avec trente ans de trop. Génial, elle devait chercher elle ne savait quoi dans on ne savait qui. Elle installa Anderson et Amy dans le salon, effectuant les mondanités de bases entre voisins pendant qu'à l'intérieur, son cerveau fonctionnait à toute vitesse. Soudain, le professeur de mathématiques planta son regard dans le sien et annonça de but en blanc :

-Arrêtons les bêtises maintenant. Je suis ici pour une seule raison.
-Et... et laquelle ? bredouilla Angel, déstabilisée.
-Je cherche le Docteur.

Un bruit de robinet retentit, et un Ten rasé de près, en costume et souriant jaillit de la douche.

-Bonjour, quelqu'un à parlé de moi ?

Anderson perdit soudain trois teintes sur sa peau déjà bien pâle.

-Vous êtes le Docteur ? Demanda-t-il, déstabilisé.
-Oui, c'est bien moi, qu'y a-t-il, pourquoi ? Quoi ? Quoi ?

Eleven fronça les sourcils. Ce n'était pas possible, pourquoi était-il là, pourquoi ? Il ne se souvenait pas avoir jamais été chez cette Angel Bain, alors pourquoi était-ce l'un de ses anciens lui qui s'y trouvait ? Par quel miracle avait-il pu oublier cette fille ?
Mais il n'eut pas le temps de se poser toutes ces questions. La nuit tombait et il faisait déjà bien noir. L'heure pour les monstres. Un cri retentit dans le parking, suivit d'un éclair bleu et d'un gargouillis qui n'avait rien d'humain. Les deux docteurs se levèrent d'un bond.

-Il vient de se passer quelque chose, fit l'un des Docteurs.
-Quelque chose d'alien, répliqua l'autre.
-Il faudrait aller voir, reprit le premier.
-Oui, sans doute, répondit le second.

Il descendirent à fond le train, le plus jeune des deux brandissant son tournevis sonique comme une épée. Derrière eux, Angel, Amy et Piers cavalaient à fond de train. Arrivés en bas, Angel poussa un petit cri de surprise.

-Kristina, c'est toi ?

La dénommée Kristina tourna la tête. Elle avait l'air terrorisée. Angel la prit dans ses bras et la rassura comme elle put sous les regards médusés du reste de l'équipe.

-C'est qui ? demanda le Docteur à Piers.
-Kristina Simpson, une amie d'Angel, répondit Piers.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? demanda Angel d'une voix calme.

Kristina souffla quelques instants. A bien y regarder, on voyait qu'elle était beaucoup plus jeune qu'Angel, avec son visage rond si prompt à rire mais sur lequel ruisselait des larmes de stress.
D'un coup, l'estimation de l'âge réel d'Angel devenait difficile. Mais là n'était pas l'important. L'important c'était que...

-Il... Il est descendu depuis le ciel et il... il a... je ne sais pas ce qu'il a fait...
-Est-ce qu'il t'as fait mal ? L'alien, le monstre, ou je ne sais pas quoi, est-ce qu'il t'a fait mal ?
-Je... non... - elle n'avait pas l'air très sûre – Je ne sais pas ce qu'il a fait... Il m'a juste touchée avec un appareil bizarre et puis... c'est tout...
-Est-ce qu'il a dit quelque chose ? Demanda soudain Ten.
-Non... Mais si je ne m'y connaissais pas, j'aurais dit... j'aurais dit qu'il avait l'air triste...
-A quoi ressemblait-il ?

Kristina hocha la tête. Elle ne savait pas. Le Docteur poussa un soupir déçu. Anderson arborait un air grave.

-On dirait que les ennuis commencent, murmura-t-il.
-Et vous ne croyez pas si bien dire, fit une voix au-dessus d'eux.

Six faisceaux de lumière se braquèrent sur eux, et ils se figèrent tous, pris au piège. Une échelle descendit depuis un hélicoptère, et un homme en descendit. Lunettes de soleil sur le nez, les cheveux blond presque blanc, il avait l'air vieux mais sa voix était encore jeune.

-Je suis Lord Pomfrey, représentant de la proclamation des ombres. Veuillez monter à bord.
Modifié en dernier par AngelTen le 30 Sep 2012, 18:07, modifié 3 fois.

Avatar de l’utilisateur
TheLonelyAngel
Sonic Screwdriver : Niveau II
Messages : 261
Enregistré le : 01 Sep 2012, 17:44

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar TheLonelyAngel » 21 Sep 2012, 19:08

Très bon début ! Hâte de lire la suite ! :)
Image
"Don't blink. Blink and you’re dead. They are fast. Faster than you can believe. Don’t turn your back. Don’t look away. And don’t blink! Good luck."

Avatar de l’utilisateur
AngelTen
Sonic Screwdriver : Niveau I
Messages : 27
Enregistré le : 21 Sep 2012, 17:30

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar AngelTen » 23 Sep 2012, 17:33

Chapitre 1 publié.

Avatar de l’utilisateur
TheLonelyAngel
Sonic Screwdriver : Niveau II
Messages : 261
Enregistré le : 01 Sep 2012, 17:44

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar TheLonelyAngel » 23 Sep 2012, 17:41

Heu... où ça ?
Image
"Don't blink. Blink and you’re dead. They are fast. Faster than you can believe. Don’t turn your back. Don’t look away. And don’t blink! Good luck."

Avatar de l’utilisateur
AngelTen
Sonic Screwdriver : Niveau I
Messages : 27
Enregistré le : 21 Sep 2012, 17:30

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar AngelTen » 23 Sep 2012, 18:56

Pardon, j'ai posté ce message juste avant de publier, mais mon PC a planté un truc bien donc j'ai galérer à le poster ^^

Mes excuses ^^

Avatar de l’utilisateur
TheLonelyAngel
Sonic Screwdriver : Niveau II
Messages : 261
Enregistré le : 01 Sep 2012, 17:44

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar TheLonelyAngel » 25 Sep 2012, 20:20

Superbe premier chapitre ! Tu es douée en écriture !
Je t'envie... ;)
Image
"Don't blink. Blink and you’re dead. They are fast. Faster than you can believe. Don’t turn your back. Don’t look away. And don’t blink! Good luck."

Avatar de l’utilisateur
AngelTen
Sonic Screwdriver : Niveau I
Messages : 27
Enregistré le : 21 Sep 2012, 17:30

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar AngelTen » 27 Sep 2012, 20:06

Merci beaucoup !!!

Deuxième chapitre posté ^^

Avatar de l’utilisateur
TheLonelyAngel
Sonic Screwdriver : Niveau II
Messages : 261
Enregistré le : 01 Sep 2012, 17:44

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar TheLonelyAngel » 28 Sep 2012, 20:30

*_* Une télépathe schizophrène, je ne m'y attendais pas ! Et le onzième docteur et Amy qui arrivent à la fin du chapitre 2, excellent !
D'où te viens ce talent ? Je suis jalouse. :lol:
Image
"Don't blink. Blink and you’re dead. They are fast. Faster than you can believe. Don’t turn your back. Don’t look away. And don’t blink! Good luck."

Avatar de l’utilisateur
AngelTen
Sonic Screwdriver : Niveau I
Messages : 27
Enregistré le : 21 Sep 2012, 17:30

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar AngelTen » 30 Sep 2012, 20:41

TheLonelyAngel a écrit :D'où te viens ce talent ? Je suis jalouse. :lol:


Ce n'est pas du talent ^^ c'est du travail, du travail et encore du travail ^^

Bref, chapitre 3 posté ^^

Avatar de l’utilisateur
TheLonelyAngel
Sonic Screwdriver : Niveau II
Messages : 261
Enregistré le : 01 Sep 2012, 17:44

Re: Le Docteur et l'Ange [G]

Messagepar TheLonelyAngel » 01 Oct 2012, 17:03

L'intrigue est de plus en plus intéressante !
L'écriture est une passion pour toi ou c'est ton métier (je ne sais pas quel âge tu as alors...) ?
Image
"Don't blink. Blink and you’re dead. They are fast. Faster than you can believe. Don’t turn your back. Don’t look away. And don’t blink! Good luck."


Retourner vers « Fan Fictions »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité