The Mini Mister Master [Terminée ch. 60]

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Umanimo
Sonic Screwdriver : Niveau III
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The Mini Mister Master [Terminée ch. 60]

Messagepar Umanimo » 14 Juin 2012, 13:22

Salut à toutes/tous,

Invitée par un membre de Gallifrance (Jelly Babies) à venir publier ma Master fanfic sur ce forum, en bonne fille disciplinée, la voici donc.

Démarrée comme une mini fic d'un seul chapitre pour donner une fin alternative à "Planet of Fire", elle en compte maintenant bien plus, les idées me venant au fur et à mesure. J'écris rarement ainsi, "au fil de la plume". Habituellement mes fics sont beaucoup plus structurées et j'ai déjà le début, le milieu et la fin quand je commence à écrire.
J'ai trouvé amusant cette façon d'écrire, car, du coup, elle se divise en "aventures" qui n'ont pas vraiment de lien entre elles à part les personnages.
J'ai choisi Tegan comme compagne du Docteur au lieu de Peri, qui est sa compagne dans cet épisode, parce que j'ai trouvé qu'elle allait mieux dans le contexte. Et puis, il faut dire ce qui est, je ne supporte pas Peri, tandis que j'adore Tegan.

Titre : The Mini Mister Master

Résumé : Fin alternative à Planet of Fire et les aventures qui s'ensuivirent

Spoilers : "Planet of Fire" surtout le premier chapitre en fait.

Disclaimer : Les personnages du Maître (période Anthony Ainley), du Docteur (Five) et de Tegan ne m'appartiennent pas, mais appartiennent à la BBC. Ainsi que quelques autres personnages secondaires que je signalerais en leur temps. Tous les autres personnages sont mes créations personnelles.

Note de l'auteur : le nombre de chapitres pourra rebuter, mais ils sont courts et vite lus et chaque aventure est indépendante.

Bêta : personne


Chapitre 1
« Tegan, dans le TARDIS, vite ! »

Le Docteur regarde son vieil ennemi, environné par le gaz numismaton, reprendre sa taille normale en riant de son habituel rire maléfique.

« Par ce feu, je vais devenir mille fois plus fort pour te traquer jusqu’aux frontières de l'univers, crie-t-il, les yeux étincelants de joie mauvaise. »

Mais le flux change de couleur et les yeux du Maître changent d’expression. Ils passent de la joie à la panique.

« Oh, halète-t-il, en tendant le bras, incapable de sortir seul de ce piège où il s’est enfermé lui-même, arrête le rayon, tout de suite. »

Le Docteur le regarde fixement. Sa main, au dessus du bouton d’annulation, ne bouge pas d’un millimètre.

« Docteur ! Je deviendrais ton pire cauchemar jusqu’à la fin des temps pour ça ! »

« Aide-moi, ajoute-t-il aussitôt, changeant de tactique ! »

Tegan, restée sur le seuil du TARDIS, voit avec horreur que le Docteur ne réagit toujours pas à l’appel de l’homme piégé. Elle crie :

« Docteur ! »

Le Maître a menacé, il a supplié, il tente maintenant d’appâter le Docteur :

« Je te donnerais tout ce que tu peux désirer ! »

Le Docteur ne bouge toujours pas.

La supplication à nouveau :

« Je t’en prie ! »

Tegan hurle :

« DOCTEUR ! »

Le Docteur la regarde enfin et se voit dans les yeux de la jeune femme. Il voit la part d’ombre qui couve toujours en lui. Cette part d’ombre qu’il arrive habituellement à combattre, mais qui vient de ressurgir aujourd’hui.

Au comble de l’affolement, le Maître fait une dernière tentative :

« N’auras-tu pas pitié de ton propre … »

« AAAAAAAAAAaaaaaaaaaaahhhhhhhhh ! »

Au moment où le Maître se met à hurler, la main du Docteur enfonce le bouton d’annulation.

Chapitre 2
L’homme s’effondre. Tegan se précipite vers lui, tandis que le Docteur lui crie :

« Non, laisse-le ! »

Il n’a aucune confiance dans son ennemi de toujours. Tout cela peut aussi bien être un piège.

Mais Tegan s’est accroupie près du Maître sans tenir compte de l’avertissement. Elle tend les mains pour l’aider à se relever, mais celles-ci passent à travers le corps étendu. Elle a senti quelque chose sous ses doigts, mais ce quelque chose n’est pas assez dense pour qu’elle puisse le saisir.

Le Docteur a appuyé sur le bouton une fraction de seconde trop tard. Le Maître est coincé entre le néant où il a faillit disparaitre et la réalité. Dans un état intermédiaire où son corps n’a plus qu’une moitié de ses cellules ce qui le rend à demi immatériel.

Il se redresse et veut s’enfuir, mais ses jambes s’enfoncent jusqu’aux genoux dans le sol. Il se fige. Comme dans des sables mouvants le moindre mouvement accélère l’intégration de son corps dans les dalles.

Tegan lui dis :

« Allongez vous, qu’il y ait le maximum de surface entre vous et le sol. »

« Dans le TARDIS vite, presse le Docteur, tout va exploser d’une minute à l’autre. »

Le Maître a réussi à ressortir ses jambes du sol et rampe dans une position plus qu’humiliante devant le Docteur. Mais ça ne suffit pas. Il sent qu’il s’enfonce à nouveau. Il ne parviendra jamais jusqu’au TARDIS.

Le Docteur a une idée. Il a ramassé le TCE du Maître. Il l’étudie pour trouver le bon réglage. Puis il le pointe vers son adversaire.

« Non, crie celui-ci, terrorisé, qu’est-ce que tu fais ? »

« Je te sauve la vie, répond le Docteur, tu n’as plus assez de cellules pour faire un homme d’un mètre soixante quinze. »
« Retour à la case départ, ajoute-t-il, avec un sourire un peu trop satisfait au gout de Tegan »

« Nooooooooooooooooooooooooooon ! »

Avec un cri d’agonie le Maître se réduit jusqu’à ne plus faire que 40 cm de haut. A nouveau il veut s’enfuir, mais le Docteur l’attrape par le col de sa veste et le soulève de terre.

Il le tend à Tegan :

« Je te le confie, dit-il, tandis que le petit Maître, vert de rage, lance dans tous les sens d’inutiles coups de poings et de pieds. »

Chapitre 3
Surprise, Tegan reçoit le petit homme dans les bras. Le Docteur répète pour la troisième fois :

« Au TARDIS ! »

Elle le serre fort contre elle, car il se débat et elle craint de le faire tomber en s’engouffrant dans le vaisseau. Elle sent même un pincement au poignet et voit qu’il essaye de la mordre. Mais sa bouche fait seulement 12 mm de large et il n’a pas assez de force pour entamer la peau.

Dans le TARDIS, elle s’assoit par terre, sachant à quel point les démarrages du Docteur sont parfois chaotiques.

« Ne le laisse pas s’échapper, qui sait quel dégâts il pourrait faire à la « vieille fille », même à cette taille. »

Finalement le vaisseau se stabilise dans le vortex et le Docteur disparait, tandis que Tegan lutte contre une miniature enragée du Maître.

Elle commence à se demander ce qu’il lui a pris d’inciter le Docteur à sauver cet homme qui a tué sa tante Vanessa et tant d’autres personnes. Et qui va leur valoir sûrement beaucoup d’ennuis.

Le Docteur revient avec une cage de forme rectangulaire, du genre qu’on utilise pour les souris blanches ou les hamsters. D’ailleurs, elle est équipée d’une roue d’exercice en plastique coloré.

« Oh, non, vous plaisantez, s’écrit-elle ! Vous avez une cage à hamsters dans le TARDIS ?!»

« A souris. Je m’ennuyais, ces petites bêtes sont amusantes à observer, répond le Docteur légèrement gêné. »

« Tu n’oseras pas, s’époumone le Maître de sa voix fluette, ses yeux lançant des éclairs, tandis qu’il se tortille pour essayer de glisser des mains de Tegan. »

« Regarde si je n’ose pas, réplique le Docteur, ouvrant le toit de la cage. »

Une étincelle frise dans son regard. Voila bien longtemps qu’il ne s’était amusé autant devant la piteuse défaite de son vieil adversaire. Il en a juste un peu honte en songeant à toutes les personnes qui sont mortes à cause de lui.

Chapitre 4
Le Maître médite sur les diverses vengeances qu’il aimerait mettre en œuvre contre le Docteur et son toutou humain. Mais aucune n’est accessible à un individu de 40 cm de haut.

Il n’est resté que quelques jours dans la cage à souris. Le Docteur a fabriqué ce qu’il a appelé ironiquement une « cage à Maître ». Nettement plus grande, elle est aussi bien plus solide.

La moitié est couverte de panneaux de bois qu’on peut enlever, mais qui assure une certaine intimité à l’occupant. Pour meubler, ils se sont contentés d’utiliser le TCE pour réduire des meubles de taille normale aux proportions voulues. Et le Docteur a fait de la plomberie miniaturisée pour aménager une salle de bain fonctionnelle.

Ils ont fini par l’installer dans une pièce à part, soigneusement fermée. Dans la salle de commande, c’était devenu insupportable de l’entendre les menacer et les maudire. Tegan s’occupe de l’intendance et le Docteur vérifie la solidité de l’ensemble assez souvent.

Après qu’ils aient découvert qu’il avait caché un couteau et une fourchette dans son matelas, il n’a plus eu droit qu’à une cuillère en bois pour ses repas. Et lorsqu’il a réussi à mettre le feu aux quelques livres que le Docteur avait miniaturisé pour lui, on les lui a retiré.

Il s’ennuie. D’autant plus qu’aucun des deux ne lui adresse la parole, ni même ne lui répond quand il essaye de leur parler.
Il avait toujours pensé n’avoir besoin de personne, mais il tuerait maintenant pour un bout de conversation banale avec un péquenot quelconque.

Chapitre 5
Il ne sent pas la présence du Docteur dans le vaisseau. Il a dû aller faire du tourisme avec son animal de compagnie. Il renifle d’un air méprisant. Du … tourisme ! Une capacité intellectuelle presque aussi affutée que la sienne et tout ce qu’il trouve à faire de sa vie, c’est du tourisme ! Gâchis et stupidité !

Il renifle à nouveau.

Il y a un intrus dans le TARDIS. Une désagréable odeur légèrement fauve flotte dans l’air. Intéressé, il passe dans la partie ouverte de la cage. Il se passe quelque chose et il pourrait en tirer avantage. Enfin !

La porte s’ouvre lentement. Un visage apparait avançant prudemment dans l’entrebâillement. Une tête étroite presque chevaline avec de gros yeux mobiles. Des yeux de prédateur qui ont immédiatement repéré la cage et son occupant. Sur les lèvres simiesques un grand sourire apparait découvrant des dents aigues.

Le reste du corps suit le mouvement et la créature dans son entier se tient maintenant dans la petite pièce. Il a une forme humanoïde, avec des membres grêles et un torse épais. La tête posée sur un cou mince tourne dans tous les sens révélant une grande facilité à regarder tout autour de lui.

Le vêtement est en tissus grossier et laisse la majorité des jambes et les pieds nus.

« Hey, l’ami ! »

L’individu se baisse à son niveau et passe un bout de langue sur ses lèvres.

« Je suis le Maître et tu dois m’obéir, ajoute le Maître en essayant de fixer les gros yeux ! »

Mais son champ de vision est rétréci par sa taille et il n’arrive pas à regarder les deux yeux en même temps.

La créature éclate de rire ! C’est un bruit grinçant finissant par une note saccadée.

« Tu en as après le Docteur ? »
« Ouiiiii … »

Il hoche la tête de façon écœurante avec son cou trop mobile.

« Nous pourrions nous allier. Moi aussi j’ai un compte à régler avec lui. Ouvre-moi la cage et nous combattrons ensemble le Docteur. »

Puis, il ajoute :
« Comment es-tu entré dans le TARDIS ? »
« L’homme » fronce le nez.
« Il a encore oublié de fermer la porte, cet idiot, n’est-ce pas ? »

Nouvel éclat de rire.

« Je n’ai pas besoin d’allié, susurre-t-il, mais j’ai bien envie d’un jouet. »

De ses doigts, pourtant très ordinaires, il sort une longue griffe qui fait presque la moitié de la taille du Maître et se met à défaire les fermetures de la cage.

Chapitre 6
Le Maître se glisse en rampant dans l’amas d’objets divers qui s’entasse dans une des nombreuses « chambres de stockage » du TARDIS.

« Je te laisse cinq minutes d’avance, chétive créature, lui avait dit le monstre, sinon, ça ne serait pas amusant. »

Et voila plusieurs heures qu’il court dans les couloirs du vaisseau. A deux reprises il a réussi à atteindre la salle de commande, mais n’a pas eu le temps de grimper sur la console pour manœuvrer le levier d’ouverture des portes.

Assis, le dos contre une boite ronde, il reprend son souffle, ses genoux repliés, serrés dans ses bras. Puis il entreprend d’explorer le lieu. Qui sait s’il n’arriverait pas à y trouver quelque chose qui pourrait lui servir d’arme.

« Je te renifle, petit homme, crie la voix de l’intrus, proche, trop proche, tu es là, pas loin, je vais t’attraper maintenant ! »

On y sent de l’agacement. Il commence à trouver le jeu un peu long et la proie pas assez facile à saisir.

La boite ronde est un carton à chapeau. Il jette un coup d’œil à l’intérieur et pousse un soupir de joie. Une longue aiguille tarabiscotée, une aiguille à chapeau. Il s’en empare. Elle est un peu lourde, c’est du bon métal, bien solide. Il a enfin une arme.

Chapitre 7
Il serre les jambes autour de la branche de lierre, se tenant à une tige d’une main, tandis que l’autre soupèse la lourde aiguille. Il a dispersé le maximum de ses vêtements, abandonnant un peu partout sa veste, ses gants, ses chaussures, sa chemise même, pour dérouter l’odorat de son poursuivant.

Ca lui a laissé le temps de gagner le cloitre et d’escalader le lierre. Le prédateur finira par trouver la piste de l’odeur la plus forte, mais alors le Maître sera prêt.

La créature avance prudemment, toutes narines déployées. Le Maître retient son souffle. Il l’attend en haut d’une arcade. Il attend que la tête de « l’homme » soit à son aplomb. Il s’est arrêté. Son cou pivote dans tous les sens. Il aspire l’air bruyamment.

Encore un pas. Le Maître se laisse tomber sur le crane hérissé de quelques poils raides. Ses pieds s’enfoncent dans les oreilles pour garder l’équilibre, tandis que des deux mains, il plante l’aiguille de toutes ses forces dans un des yeux globuleux.

Un rugissement de douleur. Il se sent saisit, le torse presque broyé. Il frappe encore. Il a touché une des mains. Nouveau cri. Il agrippe le tissu de la manche et rampe pour atteindre l’épaule. Jetant les jambes autour du cou, il noue ses deux pieds ensemble, serrant la gorge.

L’autre main l’a saisi et le tire. Il ne pourra pas tenir plus de quelques secondes avant d’être arraché de sa monture. Sous ses yeux les vertèbres et là, la jonction entre les deux os. Il y enfonce désespérément son aiguille.

Il a l’impression qu’on lui démantèle les bras et les jambes quand la créature réussi à le désarçonner et qu’il est obligé de lâcher son arme. Il est projeté en l’air et, après un interminable vol plané, retombe à plat ventre. Son menton heurte durement le sol et il perd connaissance.

Chapitre 8
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L’odeur écœurante du sang. L’odeur de la bête, forte, lancinante. La douleur dans les côtes, la tête, les bras. Il reste immobile, écoutant. Continuant à faire le mort, au cas où. Mais c’est le silence.

Il ouvre doucement les yeux. A distance, flou, il voit le visage de l’autre. Qui est au sol, lui aussi et qui est immobile également. Il s’assoit, grimaçant sous la douleur et s’aperçoit qu’il est couvert de sang.

La créature est morte. L’aiguille dépasse encore de son cou, comme une banderille miniature. C’était son point faible, ce cou fin et mobile. Il a un sourire. Il n’a pas perdu la main, malgré plusieurs mois d’inactivité. Il s’essaierait bien à rire aussi, si ses côtes ne lui faisaient pas aussi mal.

Mais ce n’est pas le moment de s’auto congratuler. Il est seul dans le TARDIS, il est libéré de la cage. Il est temps de mettre les voiles. Il prend juste quelques minutes pour récupérer la grande aiguille qui pourrait lui être utile, pataugeant dans le sang épais et malodorant.

Le chemin jusqu’à la salle de commande lui parait interminable. Il doit s’appuyer souvent sur le mur pour reprendre son souffle. Ses pieds nus laissent des empreintes sanglantes sur le sol et ses mains sur les parois aussi.

Une fois arrivé, la hauteur de la console le décourage presque. Le levier parait hors de portée. Il enfonce l’aiguille dans un interstice pour lui servir d’échelle. Progresse lentement vers le haut. Arrivé à la partie en surplomb, il doit mettre l’aiguille dans sa ceinture pour libérer ses deux mains et se suspendre en extension avançant seulement à la force des bras.

Il doit mobiliser toute sa volonté pour ignorer que ses côtes sont cassées et qu’elles n’apprécient pas la position.

Chapitre 9
Il n’a pas pris beaucoup de temps pour laisser la douleur s’atténuer un peu avant de manœuvrer le levier. Enfin la liberté ! Pour descendre, il se laisse simplement tomber au sol, atterrissant à quatre pattes. Oh, zut, tout tourne autour de lui ! Un vertige qu’il combat en inspirant lentement, profondément.

« Docteur, les portes sont ouvertes ! »

Oh, zut, zut ! La voix de Tegan ! Malgré une légère nausée et le vertige toujours présent, il se lève et se retrouve face aux pieds de la jeune femme simplement chaussés de sandales. Il lève son aiguille et s’apprête à la planter dans le métatarse entre deux phalanges. Mais il hésite un quart de seconde.

« Attention, crie le Docteur ! »

Il saisit le Maître par le torse, rudement. Celui-ci pousse un cri et s’évanouit. La douleur a été trop forte.


Lorsqu’il ouvre à nouveau les yeux, il reconnait le plafond familier de la « cage à Maître ». Il est dans la partie ouverte où on a déplacé son lit. Sa poitrine est bandée et il est propre, débarrassé du sang et presque de l’odeur de sa victime.

Il tourne la tête et aperçoit, assise sur une chaise à côté de la cage, Tegan qui somnole à demi, ployant le cou par moment avant de se redresser. Il soupire et pense :

« Trop lent, j’ai été trop lent. Foutu ramolli ! »

« Vous êtes réveillé ? »

Elle le regarde et il est surpris par l’inquiétude qui pointe dans ses yeux. Elle lui tend un verre.

« Pour la douleur, dit-elle. »

Il avale une gorgée. C’est de la valériane. Oui, ça va calmer un peu la douleur et probablement le faire dormir aussi. C’est ce qu’il a de mieux à faire de toute façon. Il a échoué.

Le Docteur apparait à la porte. Les bras croisés, il le regarde sans aménité. Cependant il dit au bout de quelques minutes, d’un ton légèrement radouci.

« Merci pour l’Eqhomus. »

Le Maître grogne et se tourne difficilement sur le côté, dos à la porte.

Chapitre 10
« JE N’AI PAS LAISSE LA CAGE OUVERTE ! »

La voix de Tegan monte dans les aigus comme chaque fois qu’elle est prête à perdre son sang froid.

« Comment expliques-tu qu’il ait réussi à s’échapper alors ? »

« Il est assez malin pour y être arrivé tout seul, bon sang ! »

« Ok, calmons-nous ! Inutile de ressasser les responsabilités, il faut le chercher. Et il est toujours ici. Nous avons trouvé les portes fermées quand nous sommes revenus. »

Puis il murmure pour lui-même :
« J’espère qu’il n’a pas fait trop de dégâts. »

Une chasse à l’homme miniature commence. Tegan parcourt les couloirs sans grand espoir. Il y a tant d’endroits où se dissimuler quand on fait 40 cm de haut.

Le Docteur, quant à lui, a une idée du lieu où il a des chances de le retrouver. Il a ouvert la trappe et s’enfonce au plus profond de la machinerie, dans le cœur du TARDIS.

Il ne vient que rarement ici. C’est un peu l’intimité de la « vieille fille ». Quand tout va bien, il préfère ne pas s’y aventurer. Mais il est sûr que le Maître est par là. Peut-être dans l’espoir de prendre la main sur le vaisseau ou de le mettre en panne. En tout cas, sûrement quelque chose de mauvais.

Il s’est arrêté. Tend l’oreille. Un curieux bruit retentit assez loin. Le bruit en lui-même n’est pas spécialement curieux. Il est même assez banal. Mais c’est de l’entendre ici qui est étrange.

Il avance prudemment se guidant à l’ouïe, dans les couloirs étroits et tortueux, brillants d’une lueur dorée. Le bruit a cessé un moment, mais il éclate à nouveau, très près cette fois ci. Il contourne une épaisse colonne et pousse un soupir.

C’était donc ça qu’il voulait faire dans le cœur du TARDIS. Reprendre sa taille normale. Et il a réussi. Le Docteur regarde le Maître à quatre pattes dans ses vêtements qui sont à nouveau de taille L. Oui, il a retrouvé une taille normale. Environ 70 cm. Ce qui est tout à fait moyen pour un bébé de huit mois. Un bébé qui crie très fort.

Chapitre 11
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« Qu’est-ce qui a cloché, demande Tegan au Docteur ? »

« He he hais has, répond celui, des outils plein les mains et une clef dans la bouche »

Ils sont à l’endroit où il a trouvé le Maître. Le Docteur a la tête plongée dans les circuits complexes de la machine. Tegan est assise en tailleur, le bébé Maître sur les genoux. Il mâchonne avec enthousiasme un bout de biscuit.

« Je ne comprends même pas ce qu’il a trafiqué là dedans, reprend le Docteur, après avoir enlevé la clef de sa bouche. »

« Peut-être que si j’inverse la polarité … ajoute-t-il, pensif »

« Docteur, faite pour le mieux, mais faite vite, soupire Tegan. »

Elle a déjà été baby sitter, mais celui là n’est pas du genre facile. Le TARDIS n’est pas un endroit sûr pour un bébé autant dévoré de curiosité. Il n’est pas question de le quitter des yeux une seconde. Bien que ne trottant qu’à quatre pattes, il avance avec une incroyable rapidité. Et semble avoir un don particulier pour trouver juste l’endroit où il ne faut pas aller ou l’objet qu’il vaut mieux ne pas toucher.

Lui enlever quelque chose qu’il est en train d’examiner, même si ce quelque chose est dangereux, n’est pas vraiment une bonne idée. Ses crises de colères l’amènent à devenir tout bleu, à la limite de l’étouffement. Elle a trouvé la parade en l’intéressant à autre chose de plus anodin, mais ça n’est pas toujours efficace. En fait il faut l’occuper tout le temps. C’est épuisant.

Quant à l’endormir, ça relève aussi du parcours du combattant. Ce qui semble marcher le mieux, c’est la berceuse vénusienne.

« Haroon ! Haroon ! Haroon ! » chuchote-t-elle tous les soirs, tandis qu’il repose enfin dans le berceau du Docteur.

« Vous avez gardé VOTRE berceau, s’était-elle écriée, lorsqu’il l’avait sorti d’une de ces nombreuses chambres remplies de toutes sortes de « trucs ». »

Le Docteur avait légèrement rougi.

« C’est un bel objet, non, avait-il répondu, en évitant son regard ? »

La veille, quand elle avait enfin réussi à amener le bébé Maître au sommeil, elle s’était surprise à penser :

« Il est mignon quand il dort. »

Et avait failli l’exprimer à haute voix, avant de se rappeler qui il était. Il est vraiment temps que tout redevienne normal, sinon elle va perdre la raison, c’est sûr.

Chapitre 12
« Même l’emmener jouer dans un parc avec d’autres enfants est impossible ! »

Tegan, furieuse, pose le Maître dans les bras du Docteur et grogne :

« A vous de vous en occuper un moment, j’en ais assez ! »

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Il a accaparé tout de suite tous les jouets et le plus étonnant, c’est que les autres enfants, même bien plus âgés que lui, les lui ont donnés spontanément. Il suffisait qu’il aille les voir et désigne ce qu’il voulait.
J’ai failli être molesté par une troupe de mamans en colère. On m’a bien fait comprendre que « mon fils » et ses mauvaises manières feraient bien de ne pas remettre les pieds là bas. »

Puis elle ajoute, en levant les yeux au ciel d’exaspération :

« Hier, je suis allée à la pharmacie et je discutais sur la meilleure crème pour la peau avec le pharmacien, quand j’ai entendu des trucs tomber par terre. Il avait la bouche et les mains pleines de bonbons. Il s’est presque étouffé avec. C’était une employée qui les lui avait donnés. J’ai hurlé qu’on ne donne pas de bonbon à un enfant aussi jeune et elle m’a répondu : il me les avait demandé, je n’ai pas pu résister. »

A deux doigts de l’hystérie, elle gémit :

« Et il y a trois jours, vous vous souvenez d’il y a trois jours ? »

« Oui, le couple de personnes âgées. »

Sans tenir compte de sa réponse, elle continue à raconter l’histoire qu’il connait déjà.

« Ils ont accepté de jouer « à dada » ! Je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie quand la vieille dame s’est mise à galoper en hennissant et que le vieux monsieur a dû récupérer sa moumoute dans une flaque de boue où le petit monstre l’avait envoyé valser. »

« Docteur, ce gosse est anormal ! Il fait faire aux gens ce qu’il veut rien qu’en les regardant. »

« Ca t’étonne ? »

« Pas vraiment en fait, dit-elle en se radoucissant, et parfois, ça peut être drôle. La tête de l’agent de police qui sifflait « La Cucaracha » pendant qu’il applaudissait avec ses petites mains et que toutes les voitures partaient dans tous les sens parce qu’elles ne savaient plus quoi faire ! Mais quand même, dépêchez vous de trouver une solution ou je vous plante là avec votre marmot. »

Chapitre 13
« Ca va marcher ? »

« J’espère. »

Le Docteur a installé le bébé, qui fait des bulles avec sa bouche et tire sur les fils de sa barboteuse tricotée, devant une partie du circuit. Celle qu’il a trouvée ouverte, voici quelques jours, à côté de l’enfant. Il y a fait de nombreuses modifications, plus intuitives que vraiment réfléchies. Il dirige deux faisceaux de fibres vers le gosse, les coince en position, puis, se tournant vers Tegan qui est à genoux à quelques pas, il dit :

« Wish me luck ! »

Puis il actionne un interrupteur fraichement installé.

Un jet de lumière blanc-bleu frappe l’enfant qui se met à hurler. Tegan met les deux mains sur sa bouche, les yeux agrandis de surprise et de crainte.

Le cri va decrescendo. On ne voit pas ce qui se passe dans l’intense rayonnement. Le Docteur remonte l’interrupteur et le rayon disparait. A la place du bébé il n’y a plus que les vêtements. Qui bougent un peu. Un pleur minuscule en monte.

Tegan soulève la layette et un bébé de quelques centimètres de haut apparait.

« Bravo, fait-elle aigrement, c’est réussi ! Comme si ça n’était déjà pas assez difficile de s’occuper d’un enfant de taille normale. Tout ce que vous avez réussi à faire c’est de le miniaturiser à nouveau et il est toujours bébé. »

« Attend, regarde, dit le Docteur. »

Sous les yeux ébahis de Tegan, l’enfançon s’est dressé sur ses jambes. Il change à vue d’œil. Ses membres s’étirent, son visage devient celui d’un enfant et non plus celui d’un bébé.
Il titube un peu, la croissance ultra rapide affaiblissant ses muscles. Bientôt il passe de petit enfant à préadolescent. L’adolescent a soudain conscience de sa nudité et se cache du mieux qu’il peut dans les vêtements du bébé.

« Ca va s’arrêter, n’est-ce pas, demande Tegan, soudain frappée d’une idée ? »

« Que veux-tu dire ? »

« Hé bien, cette croissance et vieillissement rapide, ça va s’arrêter quand il sera à nouveau comme avant ? »

« Mais oui ! » Puis à voix très basse : « … j’espère. »

L’adolescent est devenu un jeune homme. Il atteint sa taille adulte. Il a retrouvé ses 40 cm. Il vieillit encore et Tegan le regarde, s’attendant à le voir se vouter, se rider et finir par disparaitre en poussière.

Mais ça semble se stabiliser. Le Maître est à nouveau là, identique à ce qu’il était il y a quelques jours. Il a même retrouvé sa barbe. Il est juste ébouriffé et surtout, il a les yeux les plus furieux que Tegan ait jamais vu.

Le Docteur le prend en l’enveloppant dans la barboteuse. Il ne faut pas lui laisser l’occasion de s’échapper à nouveau.

« Ne t’avises pas de tripoter encore dans le TARDIS, lui dit-il, la prochaine fois, tu risques de ne pas avoir autant de chance. »

Tandis qu’ils remontent vers la salle de commande, Tegan entend le Docteur marmonner :

« Je savais bien qu’il fallait inverser la polarité du flux de neutrons. »

Chapitre 14
« Docteur ! Incurable maladroit ! Toujours incapable de diriger correctement ta camelote ! »

Le Maître s’accroche désespérément aux barreaux de la cage. Il passe de l’un à l’autre pour éviter de se faire percuter par les meubles qui valsent. Le TARDIS est secoué comme dans un shaker géant ! Un shaker agité par un barman fou et atteint de la maladie de Parkinson.

Dans la salle de la console le Docteur s’accroche aux leviers de commande et essaye de stabiliser l’engin. Tegan, ses dents s’entrechoquant, s’est calée dans un angle.

« Qu’est-est-est-ce qui se pa-a-asse, demande-t-elle ? »

« Aucu-une idée, répond-t-il ! »

Son menton a heurté une manette et le TARDIS fait une embardée plus chaotique encore. Il patine des deux pieds pour se maintenir debout, mais est arraché de sa position et se retrouve sur le dos, glissant irrémédiablement vers Tegan.

« Ouch, fait-elle, le repoussant des bras et des jambes, vous n’êtes pas léger, Docteur ! »

« 1m85 de bonne viande gallifreyenne bien solide, répond-il en riant. »

Le TARDIS s’est immobilisé, en position latérale. Si bien que le sol est à la place d’un mur et qu’ils sont actuellement sur un des murs. La console est à 3m50 de hauteur, hors de portée.

Dans la petite salle, la « cage à Maître », éjectée de la table où elle est posée, s’est écrasée au sol. Il a faillit recevoir un des fauteuils en plein poitrine, pieds en avant. Il s’est esquivé à temps. Il est coincé dans un des angles de la cage qui repose en équilibre entre le sol vertical et un des murs et oscille doucement.
Un des barreaux s’est tordu et il y a maintenant un espace un peu plus large qui pourrait peut-être lui permettre de sortir. Il mesure avec ses mains. La tête passera très très juste. Le torse, ça risque d’être plus difficile. Il enlève sa veste et sa chemise et les attache à un des barreaux. Puis il entreprend de se glisser dehors.

Dans la salle de contrôle, Tegan est montée sur les épaules du Docteur et essaye d’atteindre la console. Il faut appuyer sur le bouton qui redonnera à l’intérieur du TARDIS sa position normale quelle que soit sa position extérieure. Il manque une bonne vingtaine de centimètres pour y arriver.

Le Maître expulse l’air de ses poumons, essaye d’aplatir sa cage thoracique au maximum. Les oreilles douloureuses du frottement contre le métal, il a maintenant la tête à l’extérieur et doit faire passer le reste. Millimètre après millimètre sa progression est bien trop lente. Surtout que la cage continue d’osciller et que, si elle achève son mouvement, elle lui brisera le cou.
Le raclement des barreaux lui arrache la peau, quand, dans un dernier effort, il parvient à finir de faire passer son torse. Le reste du corps suit et il tombe de presque un mètre, recroquevillé en position fœtale. Pas le temps d’examiner ses blessures, le Docteur et Tegan ne vont sans doute pas tarder à venir voir comment il a supporté l’incident.

Ses deux pieds nus posés sur la tête du Docteur, qui est lui-même en équilibre sur une chaise, Tegan arrive enfin à actionner le bouton d’assiette horizontale du TARDIS. Murs et sol basculent les envoyant tous les deux par terre dans une avalanche de « attention ! » « doucement ! » et autres « hé, vous me marchez sur la main ! ».

Pendant ce temps le Maître essaye de récupérer ses vêtements qui sont toujours noués aux barreaux. Quand murs et sol reprennent leur position initiale la cage finit de culbuter et il peut prendre ses affaires. Il va se placer derrière la porte de la salle.

Juste à temps ! Tegan entre et se dirige vers sa prison miniature qui est sens dessus dessous. Elle ne l’a pas vu et il lui faudra plusieurs minutes pour s’apercevoir qu’il n’est nulle part à l’intérieur de ce tas d’objets en désordre. Il a également enlevé ses chaussures pour ne pas faire de bruit et sort de la pièce en courant.

Les portes sont ouvertes ! Le Docteur est occupé à réparer les dégâts de la console. Il se glisse derrière lui et saute sans regarder où ils se trouvent. Il tombe dans des rochers hérissés de pointes particulièrement aigues. Et atterri dans une eau salée et puante. Une dizaine de crabes, probablement minuscules pour un humain de taille normale, mais qui sont grands comme sa tête, fuient dans les recoins.

« Docteur, entend-il, je ne le trouve plus, il a disparu ! »

Chapitre 15
« Où peut-il bien être ? »

« Détend-toi, il ne peut pas partir d’ici, profitons du moment. »

Tegan et le Docteur sont assis sur la petite plage. Ils contemplent le ciel bleu-violet tellement piqueté d’étoiles que la nuit n’est pas parfaitement noire malgré l’absence des lunes. Ils ont d’abord cru être sur la Terre tellement la petite île est semblable à celles que l’on trouve dans l’océan Pacifique. Tout est identique. Le bouquet de cocotiers, la plage de sable clair, les rochers volcaniques, une sorte de lagon. L’eau est turquoise et les poissons abondants et colorés.

Ce n’est qu’à la nuit, lorsqu’ils ont pu voir la profusion d’étoiles et les trois lunes, qu’ils ont compris qu’ils étaient sur une autre planète. L’île est toute petite, mais très étendue. Elle n’est presque composée que de langues de rochers hérissés de pointes au milieu de la mer. C’est là qu’a atterri le TARDIS d’ailleurs et il y est toujours, en position horizontale, la porte sur un des côtés. Seule la partie centrale de l’îlot est plus large et occupée par de la végétation et la petite plage.

Il a été impossible au Docteur de redémarrer l’engin. Bien que ne présentant, en apparence, aucun disfonctionnement, elle ne répond à aucune commande.

« Elle veut que nous prenions des vacances, a-t-il dit, prenons donc des vacances ! »

L’eau du lagon est transparente et d’une température parfaite pour un bain. C’est la première fois que Tegan voit le Docteur habillé autrement qu’avec son éternel costume de cricketeur. Elle a pouffé de rire lorsqu’elle l’a vu dans un maillot style 1900 à rayures blanches et bleu foncé. Mais elle a moins rit quand il l’a largement battue à la nage dans un crawl impeccable. Elle a été championne locale de natation et pensait gagner haut la main.


Pendant ce temps, le Maître explore les lieux dans l’espoir de trouver un moyen d’évasion. Il a vu aussi qu’ils n’étaient pas sur Terre. Il s’est rapproché du centre de l’île pour grimper sur un des cocotiers et voir où il est : île, presqu’île, terre ? Y a-t-il, plus ou moins à proximité, un village, une ville ? Des possibilités de fuir ?

L’escalade lui a pris toute la journée et une mauvaise nouvelle l’attend en haut. Ils sont sur une île, minuscule, et la mer s’étend de tous les côtés. Pas de traces de civilisation autre qu’eux même.

Chapitre 16
La nuit suivante, Tegan et le Docteur rêvassent sur la plage, les yeux dans les étoiles, avant d’aller se coucher. Les vacances sont agréables, mais ils commencent à s’inquiéter de la panne incompréhensible du TARDIS. Il est descendu dans le cœur de la machine pour tout vérifier et a constaté à nouveau qu’il n’y avait rien d’anormal. Il reste la possibilité de faire appel aux Time Lords pour les dépanner. Ce sera la solution de dernier recours.

Le Maître a passé cette deuxième journée à chasser des crabes, bien que leur chair, crue, soit presque immangeable. Les coquillages sont trop durs à ouvrir, les poissons trop rapides et trop éloignés dans la mer. Il en a assez de patauger dans l’eau salée qui brûle sa peau irritée par son évasion, dans des vaguelettes qui prennent des allures de raz de marée pour lui.

Il évite le cœur de l’île, la partie sous les cocotiers. Le premier jour après être redescendu de l’arbre, il avait été jeté à terre par une gerbe de sable tandis qu’un « poc ! » retentissant résonnait à ses oreilles. Une noix de coco était tombée à quelques centimètres de lui. Mourir écrasé sous une noix de coco, quel destin ridicule !


« Docteur, regardez ! »

Tegan s’est redressée et désigne l’horizon. Une luminescence bleutée embrase la mer et se rapproche de l’île. Bientôt des petites créatures de quelques centimètres de long commencent à ramper sur la plage. Elles ressemblent vaguement à un croisement entre des méduses et des calamars. Ca a un manteau allongé comme les calamars avec des tentacules qui en sortent à un bout. Mais c’est transparent et mou comme les méduses. Elles scintillent d’une lueur bleutée qui palpite selon un rythme, toujours le même.

Elles sont des milliards remontant vers eux. Ils reculent, quittent la plage, vont vers les arbres. Mais elles avancent vite, plus vite qu’eux. Tegan remarque qu’elles la contournent, rampant sur ses pieds sans s’y arrêter, mais semblent se diriger toutes vers le Docteur. En un rien de temps, il en est environné. Elles grimpent sur lui. Tegan essaye de les enlever et le Docteur aussi en fait tomber un grand nombre. Mais elles sont si nombreuses qu’il en est bientôt recouvert.

Tegan l’entend pousser un cri d’angoisse quand elles commencent à s’insinuer dans ses oreilles, son nez, sa bouche. A nouveau elle essaye de l’en débarrasser. Alors un certain nombre de ces créatures montent à l’assaut de ses jambes, se glissent sous ses pieds et la font tomber. Le Docteur est à terre aussi. Il est maintenant immobile sous le grouillement lumineux. Tegan hurle de peur, impuissante.

Le Maître, qui s’était trouvé un creux de rocher relativement à l’abri pour passer la nuit et l’avait tapissé d’algues sèches, est aussi aux prises avec les mêmes êtres. Il a été encore plus facilement maitrisé par eux. Ils font environ 5 cm de long ce qui représente plus d’un dixième de sa propre taille. Ils sont trop grands par rapport à lui pour entrer dans sa bouche, ses oreilles ou son nez, mais ils y enfoncent leurs tentacules. Il a l’impression que ces tentacules progressent jusque dans son cerveau.

Chapitre 17
« DooooooCCCCCteeeeeeeeuuuuuuRRRRRRReeeeeuuuu ! »

« DoC-DoC-DoC-teeeeeeeeuR ! »

Une voix. Une voix vibrante et colorée. Oui colorée. Il visualise la couleur de cette voix. C’est bleu fluorescent, c’est vert lumineux, ça palpite, ça frissonne. Et ça a peur. Une intelligence non humanoïde. Qui l’appelle. Qui appelle au secours.

« Dooooooooooooooc …… teur ! »

Mais comment répondre quand sa gorge est paralysée, envahie. Malgré tout il n’éprouve pas de difficultés à respirer. Ou plutôt, c’est comme s’il n’avait pas besoin de respirer. Alors il répond mentalement.

« Qui êtes-vous ? »
« Aidez nous, Docteur. Aidez moi. »
« Qui êtes-vous, répète le Docteur ? »

Une image se forme. Il voit une sorte de tube renflé accroché au fond de l’océan. Il est transparent et du même bleu-vert changeant que la voix. Il ondule dans le courant. Des milliers de ces petites créatures qui le maintiennent immobile s’en échappent. Elles tourbillonnent autour de lui dans une danse frénétique, formant des figures mouvantes et toujours différentes.

« La lune, reprend la voix, la lune rouge, elle veut notre mort. La lune rouge n’est pas une lune, elle veut notre mort. »

Des trois astres qui apparaissent dans le ciel nocturne, l’un d’eux est effectivement d’une couleur rouge assez déplaisante.

« Emmenez-moi là bas avec le TARDIS. Je saurais quoi faire avec le TARDIS. »

Le Docteur se demande si ce n’est pas un piège, une façon de lui voler son vaisseau.

L’intelligence lui montre alors autre chose. Elle montre un autre être, assez semblable au tube renflé, mais plus petit et pas aussi transparent. Il est de couleur plus verte que bleu. Il se sépare en deux. Une des deux parties commence à grandir, prend la forme bleu-vert, devient de plus en plus transparente, forme des bourgeonnements qui se détachent d’elle.

L’autre semble au contraire se concentrer, perd toute transparence, vire au vert complètement. Elle se meut sur un ciel étoilé, migre dans l’espace, s’approche d’une planète rouge orangée. Elle tombe sur la planète, dans un champ d’herbes rouges. Un homme s’en approche et la ramasse. Il en prend soin tandis qu’elle grandi et se scinde bientôt en un grand nombre d’autres formes toutes semblables à elle. Une sorte de cône vert scintillant.

Le Docteur reconnait alors l’âme d’un TARDIS. La partie vivante qu’on fait pousser avant de l’enfermer dans la machine.

« Vous êtes … »
« Nous sommes des cousines éloignées. »
« Mais les TARDIS ont la capacité de voyager dans le temps et l’espace. Pourquoi ne pouvez vous pas ? »
« Nous avons évolués différemment. Aidez-nous Docteur. »


Tegan, pendant un temps interminable, a tenté de lutter en vain. Elle voit maintenant les créatures refluer, abandonner le Docteur. Il s’assoit et dit :

« Au TARDIS, Tegan, nous avons du boulot. »
« Oh, Docteur, j’ai eu si peur ! »
« Il n’y avait pas de quoi, vraiment ! »
« Viens ma beauté, ajoute-t-il, en s’adressant à une des petites créatures qui est restée dans sa main. »


Les êtres lumineux ont quitté le Maître assez rapidement après avoir pénétré dans son cerveau. Ils continuent de grouiller autour de lui sans le toucher. Un peu choqué de ce quasi viol mental, il attend qu’ils s’en aillent, frissonnant de dégout. Tout à coup il lève la tête, puis se met debout d’un bond. Il court du mieux qu’il peut dans les rochers glissants. Les créatures s’écartent pour le laisser passer.

Il est encore loin quand il voit le TARDIS finir de disparaître. Il s’arrête et s’assoit, la bouche ouverte pour reprendre son souffle.

« Ils sont partis, pense-t-il, incrédule. Ils m’ont laissé. »

Chapitre 18
« Je n’ai pas besoin d’eux. Je n’ai besoin de personne. Je saurais bien m’en sortir seul. Je l’ai toujours fait. »

L’aube se lève sur une île vraiment déserte. Les créatures qui l’ont envahit cette nuit sont retournées dans la mer. Le Docteur et Tegan sont partis avec le TARDIS. Il n’y a plus que lui, face à un lieu qui a l’air paradisiaque, mais qui est un enfer quand on a la taille d’un jouet.

Il a faim et il a soif. Pas d’eau douce ici et la nourriture est difficile à attraper ou à ouvrir. A l’aide d’un fragment de roche pointue, il tape depuis des heures sur une des noix de coco qui est tombée. Il a à peine entamé la coque lisse. Dessous il y a encore une bonne épaisseur de fibres, puis une autre coque très dure avant d’atteindre la pulpe.

Le soleil l’éblouit et le brule. Il a gardé ses vêtements malgré la chaleur pour se protéger de ses rayons. Il descend dans la mer boire une gorgée d’eau salée. C’est mauvais, mais ça vaut mieux que la déshydratation. Puis il revient continuer son travail.

Par-dessus le bruit du ressac, il entend autre chose qu’il n’arrive pas à identifier. Des craquements, des claquements, des glissements sonores comme si on frottait deux bouts de bois creux l’un contre l’autre.

Non ! Comme si on frottait des milliers de carapaces les unes contre les autres !


Monté sur le tronc d’un cocotier, il a l’impression de jouer dans « L’invasion des crabes géants ».

Version porno.

C’est la saison des amours pour les crabes à pinces bleues et ils font ça sur terre. Sur n’importe quelle terre immergée se trouvant à proximité. L’île grouille de carapaces. Le sol n’est plus visible nulle part. Au dessus de la mêlée, les pinces bleues des mâles s’agitent pour séduire les femelles et défier les autres mâles.

Ca se bat, des pinces tombent, sectionnées par un plus costaud. Les femelles se font piétiner par leurs prétendants. Il a grimpé tout en haut de l’arbre et s’est calé dans le creux formé par l’attache d’une feuille. Il y a d’ailleurs trouvé de l’eau douce. Un peu croupie et grouillante d’insectes, mais il a tellement soif qu’il n’a pas fait le difficile.

Jusqu’au soir il entend le bruissement. A la nuit, à travers les palmes du cocotier, il regarde les trois lunes, allongé tant bien que mal sur la grosse nervure de la feuille. En bas, la partouze continue, en nocturne.

Mais en haut, dans le ciel, il se passe aussi quelque chose. La lune rouge, la plus petite des trois, semble se mouvoir plus vite. Et de façon erratique. Sa couleur change, passe d’un rouge plus clair à un violet presque noir. Et explose soudain, silencieusement.

L’onde de choc atteint la surface de la planète moins d’une minute plus tard. Il est projeté au sol, atterri sur un tapis de crabes épais de presque un mètre qui s’enfonce sous lui. Les bestioles, coupées dans leurs élans amoureux, fuient vers la mer. Il rampe sous une palme sèche et se protège tant bien que mal de la galopade affolée des crustacés. Ils laissent derrière eux les vaincus éventrés. Il est couvert de la tête aux pieds par de la chair de crabe pourrissante. Il se demande s’il pourra encore manger un seul crabe de toute sa vie.

Il n’a pas le courage de remonter dans l’arbre et fini la nuit sous sa feuille sèche dans l’odeur écœurante.

Chapitre 19
Le matin, il descend jusqu’à la mer pour boire et se nettoyer un peu quand un bruit familier retenti. Le TARDIS se matérialise, en position verticale cette fois ci, au milieu des rochers pointus. La porte s’ouvre et Tegan apparait. Elle appelle :

« Maître ! En voiture, nous allons repartir ! »


Ils attendent à la porte du TARDIS. Est-ce que cet entêté va revenir avec eux ou va-t-il décider de jouer les Robinson Crusoé pour le reste de sa vie ? Ils ont remarqué le sol couvert de carapaces éclatées, l’odeur épouvantable qui en monte.

Bientôt ils aperçoivent une petite silhouette habillée de noir qui crapahute sur la roche volcanique hérissée de pointe, parmi les crustacés morts. Tegan veut aller à sa rencontre, mais le Docteur la retient :
« Laisse le venir seul jusqu’ici. »

Il lui faut encore une bonne heure pour arriver jusqu’au TARDIS. Tegan se penche et tend vers lui une main en conque pour l’aider à monter. Mais il l’ignore et veut grimper seul. Il est couvert de chair de crabe pourrie et glisse plusieurs fois sans parvenir à s’accrocher au sol de la machine. Finalement, elle a pitié de lui et le saisit par le dos de sa veste.

La cage a été réparée, remise en ordre et déplacée de la petite pièce isolée dans la salle de commande. Il disparait dans la partie fermée.

Lorsqu’il en sort, il est propre, mais sent encore le poisson faisandé, malgré un récurage vigoureux. Il se contente de boire le contenu de la bouteille d’eau, verre après verre. Il ne touche pas au repas qu’elle a déposé à son intention sur sa petite table. Il passe les jours suivant moitié dans la douche pour faire partir l’odeur, moitié à méditer sur la façon dont il va se venger de ce séjour au « Paradis » et surtout de la peur qu’il a eu d’y être abandonné.

Ses plans sont fantastiques … et totalement irréalisables. Pour le moment.



Le nombre de caractère dans un message étant limité, vous trouverez la suite des aventures du Mini Mister Master ici :

Chapitres 20 à 33 : viewtopic.php?p=3894#p3894

Chapitres 34 à 46 : viewtopic.php?p=3956#p3956

Chapitres 47 à 58 : viewtopic.php?p=4148#p4148

Chapitres 59 à 60 : viewtopic.php?p=4456#p4456
Modifié en dernier par Umanimo le 11 Juil 2012, 05:05, modifié 30 fois.
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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 1 à 9]

Messagepar Umanimo » 15 Juin 2012, 07:20

Chapitres 10 à 13 de postés. Une nouvelle aventure du Mini Mister Master. :mrgreen:
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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 10 à 13]

Messagepar DW19632013 » 15 Juin 2012, 15:22

Très bien trouvé, l'inversion de polarité! Joli clin d'oeil! :)
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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 10 à 13]

Messagepar Umanimo » 15 Juin 2012, 16:22

DW19632013 a écrit :Très bien trouvé, l'inversion de polarité! Joli clin d'oeil! :)

Il va y avoir plein de clin d'oeil à l'ancienne série dans la suite. ;)
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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 10 à 13]

Messagepar lulujoy » 15 Juin 2012, 19:49

Oh, j'adore le passage avec le maitre en version bébé... qui oblige tout le monde à faire ce qu'il veut!
Franchement, très bonne fic, sur la classique, drôle et inventive, et bien écrite avec ça... Que demander de mieux? vivement la suite! (pour attendre un peu je ne vais pas aller lire la suite sur DA!)

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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 10 à 13]

Messagepar Umanimo » 15 Juin 2012, 21:29

Merci lulujoy. Tu as fini par regarder "Planet of Fire" finalement ?
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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 14 à 19]

Messagepar Umanimo » 16 Juin 2012, 07:39

Chapitres 14 à 19. Une autre aventure rocambolesque du Mini Mister Master. :D
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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 14 à 19]

Messagepar lulujoy » 16 Juin 2012, 08:42

Pas encore eu le temps malheureusement! mais je suis retombée sur ta fic hier, et j'ai commencé à lire, et comme ça passait tout seul, je me suis pas posé de questions. Et puis c'est la première fois que j'apprécie vraiment une fic avec le maitre comme héros (j'adore ce personnage dans la série, mais dans les fics, beaucoup moins...) Je vais lire tes autres chapitres sous peu!

Edit: "Toujours incapable de diriger convenablement ta camelote!" eh ben j'en connais une qui doit être vexée XD
Ah, quelle aventure sur l'île... c'est toujours aussi drôle. J'imagine bien le Maitre se sentir perdu et abandonné, tout en pensant à sa vengeance prochaine!

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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 14 à 19]

Messagepar Umanimo » 16 Juin 2012, 09:19

Merci de commenter lulujoy, c'est encourageant pour l'auteur.

Contente que ça te plaise. Je me suis beaucoup amusée à l'écrire, ça doit se sentir. :D

Je ne sais comment est le Maître habituellement dans les fics que tu as lu, mais j'en ais lu aussi quelques unes et parfois il est montré trop côté "méchant", alors que, même dans la série, il est beaucoup plus nuancé que ça.

Quant au slash, je ne dirais même pas ce que j'en pense. :roll:
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Re: The Mini Mister Master [En cours ... ch. 14 à 19]

Messagepar lulujoy » 16 Juin 2012, 09:39

Justement, c'est le slash qui me tape sur les nerfs... Si encore c'était bien écrit, ou même que c'était justifié par certains comportements dans la série, mais là, c'est n'importe quoi... (je ne suis pas fondamentalement contre, j'en ai lu, j'en ai même une fois écrit un pour un autre fandom -!- mais faut pas abuser. Enfin là n'est pas le sujet, le principal c'est que toi, tu rends bien l'esprit du Maitre :D )
Quand à son coté méchant dans les fics... Disons qu'il est plus souvent "psychopathe" que méchant... XD
Je sais que les commentaires peuvent faire plaisir... alors j'essaye d'en donner à profusion :p je suis occupée aussi avec une fic DW (quand je dépasserais les 10 000 mots je commencerais à la poster) ou le Maitre se retrouve enfant aussi, mais pour d'autres raisons et dans d'autres buts (je l'ai commencé il y a un mois sans avoir lu ta fic, donc ne sois pas étonnée si il y a ce point de similitude ;) )


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