Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

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MissFantasy
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Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

Messagepar MissFantasy » 17 Aoû 2014, 19:16

Mes chers amis, Jenny est de retour! Pour une nouvelle aventure aux côtés du Docteur. Cette histoire va vous souffler le chaud et le froid. Et je tiens à dire un grand merci à ma chère Idwy pour sa grande aide! ;)


Chapitre 1 : WGT (We go together)

Juillet 2011, Londres. Jenny s’allongea sur le lit et alluma sa lampe de chevet. Avant de s’endormir, elle tenait à se remémorer cette journée formidable qu’elle venait de passer en compagnie de Stella. Cet été, elle avait décidé de passer quelques semaines avec le docteur Kelly, qui, il faut bien l’avouer, se sentait un peu seule depuis que Rose et Jackie était parties dans l’univers parallèle. Les deux femmes avaient passé la journée à flâner dans les rues de Londres. Et elles avaient parlé, beaucoup parlé. Et plus particulièrement de lui. De cet homme, enfin plutôt de ce Seigneur du Temps. Il venait lui aussi lui rendre régulièrement visite.
L’aventure qu’ils avaient vécue à bord du vaisseau Merivian avait scellé leur amitié pour toujours. Pour Jenny, cela ne faisait qu’un an seulement que tout s’était passé, mais pas pour Stella, qui avait déjà vu six ans s’écouler.
La journée s’était terminée par un cadeau de Stella pour Jenny. Il y avait environs trois heure, durant le diner que les deux amies avaient pris dans un petit restaurant italien, Stella avait déposé deux billets sur la table. Il s’agissait là de deux passeports pour le rêve. Stella offrait à Jenny un voyage spatio-temporel sans quitter Londres par le biais d’une escapade au théâtre Wingham. Cet été proposait un morceau de choix, adaptation modernisée d’une pièce de William Shakespeare, Much Ado About Nothing, avec en prime, la présence sur scène de deux acteurs que Jenny appréciait tout particulièrement, un certain David T. et une certaine Catherine T.
Elles avaient déjà discuté de leur envie commune d’aller voir un spectacle. Le spectacle vivant, en « live » comme cela se disait ici, n’était pas la spécialité de la planète où elle vivait avec Willie, et même loin de là. Elles avaient évalué les différentes programmations que proposait la capitale britannique, mais sans poser réellement de choix. Et puis, trois jours plus tôt, Stella avait entendu Jenny écouter seule dans sa chambre, avant de s’endormir, les morceaux d’une bande son d’une des pièces dont elles avaient parlé. Le choix de Stella était fait
Cela faisait déjà une semaine que Jenny avait déposé ses bagages chez Stella, qui lui avait proposé de l’héberger durant ses vacances.
De toute manière, elle n’aurait pas accepté que la jeune femme dorme à l’hôtel, et elle devait bien l’avouer, les deux étaient ravies de cette cohabitation.
Malheureusement, le beau temps n’était pas vraiment au rendez-vous, mais cela ne semblait guère les gêner. Stella faisait découvrir les bonnes adresses londonienne du vingt-et-unième siècle à Jenny tandis que Jenny faisait voyager virtuellement Stella dans le passé et le futur en lui décrivant ce qui s’était trouvé à certains endroits ou se qui s’y trouverait très bientôt.
Jenny était étendue sur le lit, directement sur les couvertures. Elle attrapa un étrange boitier posé sur la table de nuit et enclencha l’un des multiples boutons. Les premières notes d’une chanson qu’elle se passait en boucle depuis quelques jours déjà (et qui avait certainement dû mettre la puce à l’oreille de Stella…) se firent entendre, accompagnées d’un semblant de discussion entre un homme et une femme :
“ How long is this gonna take?
Here we go!!!
Don’t make me do this…
Oh, you’ll gonna love it!..”.
Elle ferma les yeux et se concentra sur la musique. La chanson était programmée pour passer en boucle jusqu’à ce que Jenny s’endorme. C’est parfois beau la technologie extra-terrestre. Ce qui ne tarda pas à arriver. Les voix se coupèrent alors en même temps que la lumière.
Elle se trouva projetée dans un rêve à la fois magnifique et déroutant. Elle venait de se réveiller étendue dans une splendide prairie.
Le parfum des fleurs d’été embaumait l’air. Mais dans son rêve, Jenny ignorait qui elle était, où elle était et ce qu’elle faisait là. D’un coup, une main se posa sur la sienne et le visage souriant d’un homme, qu’elle connaissait sans pour autant le reconnaître dans son rêve, lui apparut. Elle le regarda un instant et, se sentant en sécurité avec cet homme, lui rendit son sourire. Il la prit dans ses bras, elle se rendit alors compte qu’elle n’était qu’une enfant. Elle se blotti contre l’homme en costume bleu à rayures et il l’emporta vers une étrange cabine de police. Elle avait l’impression de connaitre tout ça, mais tout restait flou dans sa tête. Mais alors qu’il n’était plus qu’à quelques mètres de cette boite bleue, le bel étranger lui caressa doucement la joue. Il lui murmura : « Jenny, réveille-toi, réveille-toi… ! » La petite fille qu’elle était entre ses bras eu envie de lui dire qu’elle était réveillée, mais au lieu de ça, la jeune femme qu’elle était au fond d’elle ferma les yeux, se concentrant sur le susurrement. Lorsqu’elle les ré-ouvrit, elle trouva devant elle le doux sourire du Docteur, légèrement penché au-dessus d’elle. Son visage légèrement teinté de bleu par la lueur de la lune lui donnait une allure mystérieuse et rassurante à la fois. Il lui caressait tendrement la joue en tentant de la réveiller. Jenny se redressa dans son lit, les yeux à moitié ouvert. Elle tenta machinalement de recoiffer ses cheveux en bataille tandis que le Docteur la regardait en souriant. Il s’assit sur le bord de son lit :
« Docteur, mais…que fais-tu ici ? Comment es-tu entré ? C’est encore un rêve ? »
« Non Jenny, c’est bien moi. Dis-voir, ça te dirait, un petit tour en Tardis ? » lui murmura-t-il.
A moitié réveillée, Jenny fixa le Docteur d’un regard vide :
« Heu quoi… »
« Une escapade, toi, moi et Rose… dans le Tardis… »
« Tu sais bien que je ne dis jamais non à une balade spatio-temporelle, répondit-elle en baillant. On part maintenant… »
« Non, non…tu peux te rendormir…mais tu pourras nous retrouver demain matin, à 10h42 à proximité de la boutique de crème glacée…celle que tu connais… »
« Bien Docteur, à demain dans ce cas… »
Il se pencha vers elle, déposant un baiser sur sa joue.
« Bonne nuit Docteur, dit-elle dans un nouveau bâillement. »
« A demain, Jenny… repose toi bien… »
Elle se retourna dans son lit et se rendormie presque instantanément, et le Docteur, passant une dernière fois la main sur les cheveux de la jeune fille, quitta la chambre en silence.

7h30 du matin. Jenny se réveilla en douceur. Le soleil avait daigné pointer le bout de son nez et commençait à réchauffer doucement la chambre. Jenny commença par ouvrir les yeux doucement puis s’étira lentement tel un chat. Rien ne pressait en cette belle matinée. Et la journée promettait d’être inoubliable. Sauf que… sauf que… il y avait quelque chose d’étrange. Elle se redressa dans son lit et tenta de trouver ce qui « clochait » dans sa petite tête. Elle avait l’impression d’oublier quelque chose, que quelque chose lui titillait le cerveau sans pour autant revenir à la surface. Elle tenta de se concentrer un peu plus. Mais dans ces cas-là, se concentrer ne sert à rien, mieux vaut laisser vagabonder son esprit au grès de ses envies.
Elle sortit donc de son lit, passa un coup de brosse dans ses cheveux longs et essaya de les faire tenir en forme, mais ceux-là n’en faisaient toujours qu’à leur tête. Elle attrapa une barrette et les remonta, afin qu’elle paraisse un peu plus coiffé aux yeux de Stella. Puis elle quitta sa chambre et rejoignit la cuisine, mit de l’eau à chauffer pour le thé, se versa un verre de jus d’orange, détacha deux bananes et sortit deux bols pour les céréales.
Stella arriva dans la cuisine et découvrit la jeune fille aux fourneaux. Elle s’installa donc à sa place et se versa elle aussi un verre de jus de fruit.
« Tu n’as pas entendu un bruit étrange cette nuit ? » demanda le médecin.
« Je ne sais pas, j’ai dormi comme une masse. »
« J’ai cru entendre quelqu’un tripatouiller la porte d’entrée. Mais ça n’a duré que quelques secondes et puis plus rien. Certainement encore le voisin qui sera rentré légèrement alcoolisé et se sera trompé de porte. Ça lui arrive sans arrêt depuis quelque temps, il va falloir que je règle ça au clair », ajouta-elle, avec un clin d’œil.
Jenny lui répondit par un sourire.
Une fois le petit déjeuner dévoré avec appétit, Jenny se décida à aller acheter la petite robe qu’elle avait repérée le jour précédent, sans savoir qu’elle aurait l’occasion de la porter le lendemain même. Stella avait quelques petites choses à faire bien qu’elle ait pris des congés pour accueillir Jenny chez elle.
Il était 9h45 lorsqu’elle attrapa son sac à main et quitta l’appartement. Elle n’avait pas beaucoup de chemin à faire pour rejoindre le petit magasin où se trouvait le précieux joyau.
Or, alors qu’elle était à mi-chemin de l’appartement et de la fameuse boutique. Elle se figea en plein milieu du trottoir.
« Docteur ! »
Les gens autour d’elle s’interrogèrent sur l’étrange réaction de la jeune femme, « A-t-elle besoin d’un médecin ? »
Oh que non, elle n’avait aucunement besoin d’un médecin, elle avait uniquement besoin de voir son Docteur. Et elle se souvenait à présent où et quand cela était possible.
Il ne lui restait malheureusement que très peu de temps pour être à l’heure au rendez-vous. Sans compter qu’elle doutait même qu’il y ai effectivement un rendez-vous. Et si tout cela n’avait été qu’un rêve. Elle devait se décider. Et si le Docteur avait besoin d’elle. Elle avait le sentiment, la sensation que le Docteur avait besoin d’elle. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle devait se rendre à l’endroit dont lui avait parlé son Docteur. « Et puis, après tout, si tout cela n’était qu’un rêve,tant pis, j’aurais toujours le temps de revenir et trouver ma petite robe. » se murmura-t-elle tout bas en rebroussant chemin.

Chapitre 2 : TGT (They go together)

« Vraiment une excellente idée ce petit arrêt Docteur! »
« Une petite pause fraîcheur n’est jamais à prendre à la légère. Et elle n’est jamais négligeable » ajouta-t-il dans un clin d’œil.
Installés à la terrasse de la boutique Haagen Dazs, Rose et le Docteur se délectaient de deux énormes glaces. Rose appréciait particulièrement ces instants de calme. Oh, non pas qu’elle ne se réjouissait pas de ces visites sur les planètes les plus improbables ou des époques les plus marquantes de l’histoire. Mais ces instants de détente partagée, elle les considérait comme un privilège, des instants précieux, juste elle et son Docteur, et son sourire, plus lumineux que le soleil lui-même, qui comme à chaque fois, et elle ne pouvait se le cacher, la rendait toute chose.
« Docteur, vous me rappelez étrangement quelqu’un » avec cette glace et vos lunettes de soleil.
« Ah bon ! » répondit le Docteur dans un sourire, abaissant légèrement ses lunettes et plongeant son regard transperçant dans celui de son amie.
Rose en eut le souffle coupé mais continua :
« Et il y a cette chanson qui ne cesse de me trotter dans la tête depuis que nous nous sommes assis ici. »
« Laquelle ? » demanda-t-il simplement.
« The Gambler, répondit-elle en pouffant de rire. Je ne vois vraiment pas le rapport avec ce que nous sommes en train de faire… »
Sans laisser Rose finir sa phrase, le Docteur commença à fredonner la mélodie de la chanson, sa tête se balançant de gauche à droite au rythme de la musique et battant la mesure avec son cornet glacé. Puis, il se mit à chanter. Rose ne put s’en empêcher et le suivit dans cet élan de folie. Ils entamèrent alors en chœur le refrain:
“You got to know when to hold 'em, know when to fold 'em,
Know when to walk away and know when to run.
You never count your money when you're sittin' at the table.
There'll be time enough for countin' when the dealin's done.”
Le vendeur les regarda en souriant, ne pouvant s’empêcher de penser que ces deux touristes étaient vraiment faits l’un pour l’autre.
Au bout d’une bonne demi-heure, le couple se leva et quitta l’esplanade, s’engageant dans une petite rue. A une trentaine de mètres de là, une petite boite bleue bloquait la moitié du passage. Pourtant, personne ne semblait y prêter attention.
Main dans la main, le Docteur et Rose se dirigèrent en sautillant en vers la cabine.
Arrivé en face du Tardis, il inséra la clé dans la serrure, entra dans la cabine, suivit de sa compagne, puis, enlevant son manteau et le jetant sur le pilier droit, il se dirigea vers le poste de commande.
« Où allons-nous à présent, Docteur ? »
« Direction le paradis ! » s’exclama-t-il joyeusement.
Prochaine étape, la planète Tropica II. Un petit paradis tropical, ensoleillé et chaud, des plages magnifiques et des fleurs parfumées. Le Docteur n’y avait pas remis les pieds depuis des temps immémoriaux. Mais avec Rose, il avait à présent envie de vivre des instants de douceur et de complicité. Depuis quelques semaines, il n’avait plus que cette idée en tête, se rendre sur cette planète..
Lui lançant son sourire involontairement charmeur, il appuya sur les différentes manettes du Tardis. Mais rien. Pas un bruit. Pas un ronronnement. Pas une secousse.
La boite bleue resta sans bouger, sans pour autant montrer le moindre signe d’avarie. Tout fonctionnait normalement, pourtant, elle refusait juste de s’envoler.
Le sourcil levé, le Docteur tourna deux fois autour de la console sans dire un mot. Puis il regarda Rose :
« C’est très étran… »
La cabine fut tout à coup remplie d’un léger grésillement, tel un piaillement d’oiseau. Les lumières de la console se mirent à clignoter en rythme, tandis que les portes en bois s’ouvraient… laissant apparaître la silhouette de Jenny.
« Alors, on dirait que tu es heureuse de me revoir, hein… » s’écria-t-elle
« Jenny ? » s’étonna le Docteur.
« Oh oui, et moi aussi je suis heureuse de vous revoir ! » s’exclama-t-elle en lui sautant au cou.
« Mais…mais… ? »
« Mais quoi ? » demanda-t-elle en éclatant de rire.
« Oh et puis rien… » continua le Docteur en l’embrassant à son tour.
« J’ai comme l’impression que le Tardis pressentait ton arrivée Jenny ! »
« Oh que oui ! Elle savait que j’étais en chemin… »
« Rhooo…voilà qui explique tous ces caprices… »
Jenny répondit par un sourire.
« Nous allons sur la planète Tropica II, tu viens avec nous Jenny ? » demanda instantanément Rose.
« Avec la plus grande joie ! A moins…à moins que vous préfériez y aller que tous les deux… demanda-t-elle en regardant tour à tour Rose et le Docteur. Je m’en voudrais de vous déranger… »
« Tu ne nous déranges jamais Jenny, comment oses-tu penser ça ? » s’exclama le Docteur, ajoutant à cela son sourire malicieux.
Jenny se mit à sauter comme une puce autour de la console, se jetant tour à tour contre Rose et le Docteur.
Bien qu’elle mourait d’envie de faire un tour en TARDIS, elle ne pouvait se sentir de trop lorsqu’elle les voyait comme ça, dans ces instants de bonheur que rien ne semblait pouvoir perturber Jenny savait très bien que le moment n’était pas venu…ce fameux moment où ils se déclareraient enfin leur flamme. Mais cela ne l’empêchait de penser que….
« Dans ce cas…direction Tropica, s’écria le Docteur, sortant Jenny de ses pensées. Les filles, vous feriez bien d’aller choisir un maillot de bain… dit-il en montrant de la tête l’intérieur du TARDIS. »
Mais alors qu’elles se dirigeaient, il mit en marche le vaisseau, les envoyant rencontrer les parois. Elles ne purent se retenir d’exploser de rire et rejoignirent finalement l’interminable penderie. Il ne leur fallu pas longtemps pour trouver ce qu’elles désiraient porter. Puis elles rejoignirent la cabine, Rose tenant dans sa main un deux pièces bleu et blanc tandis que Jenny restait en admiration devant un maillot noir et blanc, de style très rétro, en se demandant où son très cher Docteur avait pu un jour tomber sur une splendeur pareille, sans parler de celle qui avait dû être dedans.
« Oh, c’est pas vrai, tu l’as retrouvé, elle croyait l’avoir perdu… s’exclama le Docteur à la vue de ce maillot une pièce. »
« Quoi ? s’étonna Jenny. »
« Il faut que je lui rapporte dès notre retour, elle va en avoir besoin pour une séance photo. Tu en prendras bien soin n’est-ce pas Jenny »
« Bien entendu. Mais… à qui appartient-il ? »
« C’est celui de Marylin. »
« Marylin ? La « Marylin » ? » s’écria Rose.
« Oooh oui ! C’est bien elle ! » répondit-il avec un clin d’œil.
« Petit cachottier ! » s’écria Jenny en lui tapant gentiment le bras.
La cabine fut remplie d’éclat de rire. Cependant, tout le monde s’arrêta à lorsque le TARDIs se posa.

Chapitre 3 : Tropica II

« Tropica II, annonça le Docteur. L’an 600 721. Une excellente année : la saison des pluies est finie pour quarante-trois mois et le Festival de musique de Tropica commence demain. Idéal. »
Il tourna une molette.
« Quoi? »
« Docteur »
« Moins dix. Et en Celsius. Houla… Climat moins amical que dans mes souvenirs. »
« Ce n’est pas supposé être une forêt tropicale? » s’étonna Jenny.
« Les palmiers doivent avoir des mitaines. »
Rose eu une moue hilare.
« Façon de parler, protesta le Docteur. Enfin, c’est bizarre. Mettez un manteau. »
Le Docteur se contenta de sa gabardine habituelle tandis que Rose trouvait un immense anorak avec un capuchon bordé de fourrure. Le Docteur la regarda bizarrement lorsqu’elle le rejoignit. Elle avait l’air perdue dans ce vêtement. Il n’était apparemment pas taillé pour elle. Mais ce fut Jenny qui s’esclaffa, reconnaissant l’anorak de Donna. Elle repensa à la montagne de valises que Donna avait emportée, au point que le Docteur s’était plaint de ne plus avoir suffisamment de place pour ses costumes rayés, et avait dû créer une salle rien que pour elles, et elle avait pourtant oublié l’anorak, élément indispensable des voyages temporels s’il en est.
« En avant toute ! » finit par dire le Docteur.
Sa sortie plein d’allant s’interrompit lorsqu’il dérapa sur le sol glacé et se rattrapa au bosquet le plus proche qui explosa en une poudre de cristaux glacés. Il se retrouva le nez collé au sol. Rose étouffa un rire.
« Ça va? »
« Mouais. J’aurais dû penser à mettre des crampons. »
Il revint avec précaution vers le Tardis et fourragea dans un casier sous la console principale. Il tendit finalement à Rose et Jenny une paire de semelles en caoutchouc et ajusta les lanières sur ses espadrilles.
« Des antiglisses. Fonctionnent sur toute surface compacte se trouvant sous les trois degrés. »
« Pratique », reconnu Rose en les enfilant.
La promenade fut plus aisée, mais surnaturelle. Il n’y avait pour ainsi dire pas de neige, mais tout était recouvert d’une épaisse couche de glace, comme si une tempête de verglas s’était abattue sur la zone. Et l’aspect des tables de pique-nique, des parasols, des plantes tropicales et des décorations de pailles était surprenant. De temps en temps, un craquement sinistre se faisait entendre : les huttes et tout ce qui était un peu trop fragile s’écroulaient sous le poids de la glace.
« Ce n’est pas possible, dit le Docteur. Il doit y avoir un problème avec les satellites météo. J’irais bien jeter un coup d’œil. »
« Les satellites? » demanda Rose.
« Quatre satellites orbitant autour de la planète et régulant la météo. Ils empêchent entre autres une saison des pluies qui dureraient autrement près de 14 mois et une saison sèche qui s’étendrait sur près de 36. Ils font pleuvoir la nuit et créent une saison des pluies artificielles chaque année qui dure à peu près trois mois. »
« Et s’ils arrêtaient complètement la saison des pluies? »
« Les arbres mourraient. Et toutes les créatures qui dépendent des arbres. »
« Mais cette glace… », s’exclama Jenny.
« Ouais… Eh bien, ça ne leur fait certainement pas de bien non plus… Oh! »
Ils dépassèrent un bouquet de fleurs gelées et un petit papillon était attaché au rebord de la fleur. Il ne touchait pas à la fleur, mais la glace les liait. Le Docteur se pencha, lunettes sur le nez, et examina avec intérêt le petit insecte.
« Vous savez ce que ça veut dire? »
« Le papillon a été figé en plein vol ! » firent en chœur les deux jeunes femmes.
« Donc que tout s’est passé en une fraction de seconde. Un instant, il vole et saute d’une fleur, l’autre instant, il est gelé et emprisonné. »
« Comment peut-on arriver à ça? Une tempête… Non, une tempête n’aurait pas fait ça. Un dérèglement des satellites météo? » réfléchit Rose
« Un dérèglement, peut-être… Mais ils sont bien protégés par des sauvegardes. Il pourrait trop pleuvoir. Ou ne pas pleuvoir du tout. Mais cette chute de température, ça, ce n’est pas explicable.
Encore moins… l’absence des habitants, murmura-t-il songeur. »
Ils l’avaient en effet tous remarqué. À part le papillon et les plantes, il n’y avait pas d’êtres vivants.
« Supposons qu’un avertissement ait été lancé et qu’ils aient pu se mettre à l’abri, où seraient-ils allés? Qu’est-ce qu’ils auraient fait? » demanda Jenny.
« Je crois qu’il y a la mairie qui est construite en dur. Mais le reste, ce ne sont que des huttes. Rien n’est prévu pour résister à la glace ici. Allons par-là, » dit-il en pointant la gauche.
Ils avaient à peine fait quelques pas qu’un froissement les surprit, suivi d’un grondement.
« Ce n’est pas votre estomac, Docteur? »
« Non. »
Ils jetèrent un coup d’œil derrière eux.
Un dragon de près de quatre mètres de hauteur, d’un bleu intense avec des yeux jaunes à la pupille fendue s’apprêtait à cracher dans leur direction. Le Docteur prit la main de Rose et ils s’élancèrent dans la première ruelle venue.
Un jet de liquide transparent jaillit de la gueule de la créature et se transforma en deux secondes en une gerbe glacée.
« Oh, c’est intéressant. »
« Pas maintenant! Cours! » s’écria Jenny.
Jenny le poussa sous un écriteau qui se décrocha sous la force d’un nouveau jet de glace.
« Je crois que j’aurais préféré des flammes », s’écria Rose.
« Je vais y réfléchir, rétorqua le Docteur en continuant à courir. »
Le dragon envoya un nouveau jet qui atteignit le du bâtiment le plus proche et fit glisser une bonne partie du toit d’ardoises sur leur tête. L’averse de tuiles déconcerta un instant le dragon, ce qui fut suffisant pour que le Docteur remarque un panneau indicateur.
« La mairie est par là! » fit Jenny au même instant.
« Et si les murs ne peuvent pas nous protéger? »
« Oooh! Restons positifs! »
Le dragon hurla et cracha à nouveau.
« Enfin, quand nous y serons » ajouta le Docteur en courant à nouveau.
Ils débouchèrent sur une place avec une petite fontaine (gelée), des bacs à fleurs (congelés) et un large escalier verglacé menant vers un bâtiment dont les fenêtres étaient recouvertes de mousse synthétique. Le Docteur hésita, mais le dragon arrivait sur leurs talons.

Chapitre 4 : Bert

Soudain, un autre dragon s’éleva depuis l’arrière de la mairie. Celui-là était d’un orange étincelant.
« Hé, ce n’est pas du jeu », s’exclama le Docteur.
« Baisse-toi! » Cria Jenny.
Le dragon orange gronda et bomba le torse vers l’autre qui recula, grogna plus faiblement et émit un souffle glacé avant de reculer et de s’éloigner.
Rose ouvrait de grands yeux.
« Les dragons existent. »
« Indubitablement. »
« Les dragons existent vraiment. »
« Les loups-garous aussi », rappela le Docteur.
« Ouais… Ça surprend toujours la première fois.
Ils échangèrent des regards complices et tournèrent leur attention vers le dragon orange qui les toisait.
« C’est une drôle de coïncidence que le dragon ait établi son nid juste à la mairie ! » affirma le Docteur.
« Et où est-ce qu’un dragon établit son nid généralement? » Demanda Jenny.
« Je penserai à lui demander. »
« Quoi : pas d’encyclopédie dragonesque? Pas d’aventures avec un dragon? » S’étonna Rose
« Hum… non. »
« Une première? » firent Rose et Jenny.
« On peut dire ça. »
Attiré par l’éclat de rire des jeunes filles, le dragon gronda et les fixa. Il atterrit et replia ses ailes. Il était à peine plus petit que son congénère et ses longues pattes griffues traçaient de larges marques dans la glace. Rose plissa les yeux : non, ce n’était pas que les griffes. La glace avait l’air de… fondre sur son passage.
« Bon, il n’aime pas le dragon bleu, mais est-ce que ça veut dire qu’il nous aime », souffla Rose.
La porte de la mairie s’entrouvrit et un homme rondouillard vêtu d’une bonne dizaine de gilets, de capes et de manteaux leur fit signe de le rejoindre. Il souffla dans un sifflet et indiqua l’arrière de la mairie au dragon de feu qui secoua la tête et gronda doucement avant d’obéir.
« Oh, apprivoisé », dit le Docteur d’un ton léger.
« Si vous voulez, concéda l’homme rondouillard. Je m’appelle Sterwan Ysher. Je suis le maire de Solstice. Enfin, ce qu’il en reste. D’où venez-vous? »
« De très loin, dit le Docteur. Voici Rose, Jenny et je suis le Docteur. »
« Très loin : hors planète? »
« Euh, oui »
« Ils ont reçu notre SOS? »
« Euh… Je n’ai pas lu tous les rapports », dit le Docteur.
« Ils n’ont envoyé personne d’autre? »
« Je ne sais pas. »
« Et quel est le plan? »
« Le plan pour quoi? »
« Pour nous débarrasser des dragons des glaces. Dites, vous êtes sûrs que vous êtes là pour nous aider? »
« Bien sûr, dit le Docteur. Mais comme je n’ai pas eu le temps de lire chacun des rapports… Quand tout cela a-t-il commencé? »
« Il y a environ quatre mois. Les satellites météo ont dû se détraquer parce qu’il a commencé à faire très froid. Nous avons envoyé deux techniciens avec une navette pour effectuer les réparations. Ils n’ont jamais trouvé pourquoi les satellites avaient des problèmes. Et la navette a explosé lors de l’atterrissage à cause d’un dragon des glaces. Quelques-uns avaient été signalés, mais on n’avait pas pris au sérieux les témoignages. Les dragons ne sont pas supposés exister », s’excusa-t-il.
« Et l’autre dragon? Orange? », demanda Rose.
« Apparu de nulle part. Il est unique. »
« Et vous l’avez apprivoisé? »
« Pas eu besoin. Il répond aux coups de sifflets et à certains ordres pas compliqués. On lui a fait une place derrière la mairie, là où se trouve la plus grosse fournaise de la ville. Et heureusement qu’il est là parce qu’on ne serait plus là aujourd’hui. Il a repoussé une bonne vingtaine d’attaques des dragons des glaces. Ils ne l’affrontent pas et finissent toujours par reculer. On l’aime bien, notre dragon. Mais je ne sais pas combien de temps on pourra tenir comme ça. Il faut remettre en route les satellites. »
« Avez-vous accès aux contrôles des satellites ici? »
« Bien sûr. Ce n’est pratiquement que pour ça que la mairie a été construite en dur. Le matériel électronique n’apprécie pas le taux d’humidité de Tropica alors l’isolation est parfaite. »
« Et combien y a-t-il de personnes ici? »
« Environ 1700. »
Rose et Jenny se regardèrent, étonnées.
« Oh, c’est construit en sous-sol, lui expliqua Ysher. Au départ, c’était une station d’observation, puis quand la colonisation a été décidée, tout a été aménagé pour servir de base. À la dernière seconde, l’astroport principal a été déplacé au pied des Ombrageuses. Il y avait moins d’arbres à couper et le sous-sol était plus stable. Alors le bâtiment a été transformé une fois de plus en réserve, en mairie, en hôpital, en tout ce qui était nécessaire. Quand les dragons sont arrivés, on a rouvert les niveaux inutilisés. On est un peu à l’étroit, mais pas trop. Et on a du chauffage et de la nourriture. On est chanceux. »
« De la nourriture pour combien de temps? »
« C’est une partie du problème. On a pu cacher ce fait aux habitants, mais ça ne saurait tarder. D’ici une semaine ou deux… On a envoyé un SOS, mais comme les circuits de communication ont gelé ou que les antennes sont tombées sous le poids de la glace, nous n’avions pas moyen de savoir que vous arriviez. »
« Je veux voir les circuits de communication avec les satellites. »
« D’accord, mais ils ont gelés. Vous auriez dû en profiter pour leur jeter un œil quand vous êtes arrivés en orbite. »
Le Docteur, lunettes sur le nez, tripatouilla les contrôles, en soniqua discrètement quelques-uns et un des écrans consentit à s’illuminer.
« Oh! Vous avez réussi! »
« Non, j’ai juste rallumé le système. Je ne reçois pas d’informations sur les satellites. C’est comme s’ils n’étaient pas là. »
« Il peut s’agir d’une panne. »
« Non, fit le Docteur pensivement. Je recevrais de la friture ou des bips, des couacs… n’importe quoi. Là, je ne reçois même pas une onde porteuse, comme s’ils n’étaient pas là. Ou tous éteints. »
« On ne peut pas les couper. Au pire, on peut les débrancher du réseau central, mais ils ont une autonomie de huit cents ans. Ils sont prévus pour pouvoir être remplacés individuellement sans problème ou pour compenser la perte ou le mauvais fonctionnement d’un ou deux d’entre eux. Vous comprenez? »
« Bien entendu, un circuit planétaire standard. »
« Et les dragons, dit Rose. D’où viennent les dragons? Est-ce qu’un vaisseau aurait pu en amener ici par hasard? Et ils auraient été libérés ou se seraient échappé? À moins que ce ne soit une race indigène? »
« Hé, on en aurait vu avant ça! Ça fait près de soixante-dix ans que nous sommes installés ici. »
« Je ne crois pas tellement aux coïncidences. La température a commencé à diminuer brutalement et les dragons sont apparus, c’est ça? »
« Mais il aurait fallu des centaines, des milliers de dragons pour avoir un impact aussi rapide sur toute une planète, objecta Rose. Et le tout s’est fait très rapidement. Le papillon… »
« Mouais… Et quel est le rapport avec votre dragon apprivoisé? » compléta Jenny.
« Nous l’ignorons, affirma Ysher avec tristesse. Un jour, il y a un peu moins de trois mois, quand la glace commençait à être vraiment épaisse, nous avons vu un éclair orange dans le ciel et le dragon est arrivé. Il s’est installé ici et n’en bouge pas. »
« Qu’est-ce qu’il mange? »
« Rien. »
« Pardon? »
« Personne ne l’a vu se nourrir, mais il ne quitte pas les alentours. Il se contente de chasser les dragons des glaces qui s’approchent trop. Sa présence maintient la glace à un niveau raisonnable. »
« Raisonnable », s’exclama Rose.
« Vous devriez voir la capitale. Juste avant que les communications soient interrompues, ils affirmaient qu’une pellicule de glace de plus d’un mètre recouvrait tout et continuait à épaissir. Ici, ce n’est encore qu’une dizaine de centimètres… Et encore. »
« Donc le dragon orange réchaufferait l’atmosphère. »
« Oui, confirma Ysher. Mais il semble avoir besoin d’une source de chaleur extérieure pour survivre, d’où l’énergie que nous mettons à alimenter la chaudière. Si nous ne l’avions pas, nous aurions besoin de beaucoup plus de chaleur. Le dragon est capable d’en produire beaucoup à partir d’un peu. Alors, nous en prenons soin. »
« Mais pourquoi est-ce qu’un dragon combattrait les autres? Et pourquoi se rangerait-il du côté des humains? »
« Parce qu’ils nous aiment bien », lança Rose.
Le Docteur fit la moue.
« Je peux le voir? »
« Le dragon? »
« Oui. »
« Nous l’appelons Bert. »
« Pourquoi ? », demanda le Docteur avec surprise.
« Ben, on ne pouvait pas continuer à dire le dragon orange. Et puis, Bert, c’est sympa, comme nom. »
« Pour un animal domestique, peut-être. Un dragon a besoin d’un nom »…commença le Docteur.
Jenny lui donna un coup de coude
« Si Bert est d’accord, je serai enchanté de faire sa connaissance », dit-il avec entrain.
La bête orangée leva son long cou lorsqu’ils sortirent dans l’arrière-cour.
« Hello, Bert », dit le Docteur avec amabilité.
Le reptile renifla et gratta le sol de sa patte droite. La cour était entièrement dégagée de neige et de glace et les mouvements du dragon avaient tracés une fosse peu profonde où il se blottissait.
« Ce truc n’est pas ordinaire », murmura le Docteur.
« C’est un dragon, un vrai dragon », répliqua Rose avec émerveillement.
« Mais pourquoi un dragon? Pourquoi pas un ours polaire? Ou un pingouin? C’est mieux adapté au froid et à la glace », s’étonna Jenny.
« Peut-être que le dragon orange est supposé cracher du feu et les dragons bleus de la glace », fit Rose.
« Quoi? D’où te vient cette idée? » demanda le Docteur.
« Tout le monde sait que les dragons crachent du feu. »
« Pas les dragons bleus », affirma Jenny.
« Quelqu’un a oublié de leur dire », dit Rose avec autant de sérieux que possible.
« S’il-vous-plaît », dit le Docteur en levant les yeux au ciel.
Mais il ne put s’empêcher d’ajouter : « Les dragons vont à l’école des dragons pour apprendre ces choses-là! ».
Rose et Jenny gloussèrent, mais le dragon, intrigué par ce son, tourna son attention vers elles. Rose en fut assez impressionnée et ravala sa salive. Le Docteur avança et essaya de faire des risettes à la bête géante.
« C’est un beau dragon, oui, un beau dragon. »
Comme un dresseur d’animaux. Ou un dompteur de lions. Rose retint son souffle, mais le dragon se contenta de gronder doucement sous la main du Docteur.
Décidément, il savait tout faire! Le Docteur retira sa main rapidement et souffla dessus.
« C’est chaud! Très, très chaud. Oui, brave bête. Tu ne serais pas du genre à cracher des flammes, n’est-ce pas? »
La bête pencha la tête, à l’écoute des mots qui n’avaient sans doute aucun sens pour elle. La voix du Docteur était intéressante, mais sans signification. Le dragon inspira et son poitrail brilla d’une belle lueur en même temps qu’une bouffée de chaleur enveloppa le Docteur. Il renifla, toussa un bon coup et tapota le museau du dragon qui ouvrait de grands yeux.
« Non, non, ça va… Faudra prévenir la prochaine fois », ajouta-t-il en toussant à nouveau.
« Docteur? »
« Non, non, ça va… C’est juste… le gaz de sa chaudière interne… »
Il repartit pour une quinte de toux et le dragon grommela en le poussant doucement vers la porte de la mairie. Rose commençait à croire que le dragon était un peu plus intelligent qu’elle ne l’avait cru. Et sans doute avait-il compris une partie de ce que le Docteur avait dit. Il lui avait demandé s’il crachait du feu, il lui avait montré qu’il crachait… du gaz chaud.
« Maintenant, les satellites. »
« Quoi? »
« Il faut retourner au TARDIS et aller jeter un coup d’œil sur les satellites. »
Le dragon fit claquer ses ailes et provoqua une bourrasque qui les aspira vers lui. Rose, Jenny et le Docteur boulèrent sur les pattes du reptile géant.
« Quoi? »
Le dragon gronda et se déplaça, bloquant le chemin de la porte. Il montra les dents et frappa le sol, deux pattes à la fois. Ysher sortit rapidement, inquiet pour son dragon. Mais ce dernier battait de la queue et fouettait l’air de sa tête. Le trio se fit tout petit, mais la bête ne semblait pas en colère, simplement décidée à ne pas les laisser partir. Le maire siffla à plusieurs reprises, mais le dragon l’ignora. Pour finir, le Docteur s’exclama qu’il n’irait pas voir les satellites. Il dû se répéter à plusieurs reprises pour calmer le dragon. Mais il réussit ce que les coups de sifflets n’avaient pas pu. Le dragon se reprit et trottina, assez légèrement pour son gabarit, vers son nid et s’y blottit, le nez pointé vers le Docteur.
« Qu’est-ce que vous avez fait, demanda Ysher avec inquiétude. Il n’avait jamais fait ça! »

Chapitre 5 : Descente aux enfers

« Seulement mentionné la possibilité de partir voir ce qui était arrivé aux satellites. Il semblerait que Bert veuille nous garder au chaud, au sens propre comme au sens figuré. «
« Une chose est sure, Bert a compris ce qui tu as dit, Doc ! » affirma Jenny.
« Et il est là pour une bonne raison, bien que je ne sache pas encore laquelle. »
« Il nous protège ! » affirma Ysher.
« Il y a du vrai dans ce que vous dîtes… »
« Et s’il protégeait aussi autre chose ? » s’écria Jenny.
« De quoi parles-tu ? »
« Je ne sais pas, c’est comme une intuition…je crois qu’il y a quelque chose ici, quelque chose qu’il se doit de garder en sécurité. »
« Vous avez dit qu’il y avait des souterrains », demanda soudainement le Docteur
« Oui. »
« Et qu’ils avaient été construits pour la station d’observation. »
« Oui, c’est bien ça. »
« Était-elle autorisée à faire des prélèvements ? »
« C’était son but principal. Afin de confirmer la possibilité de créer une colonie ici. Mais la salle des échantillons a été condamnée après avoir été entièrement vidée, lorsque la base a été transformée. »
« Où voulez-vous en venir Docteur ? » demanda Rose.
« Je pense qu’il y a quelque chose, dans ce sous-sol, quelque chose auquel notre cher ami Bert tient plus que tout. Je ne sais pas de quoi il s’agit. »
Bert tourna son museau dans la direction du Docteur et émit un nuage de vapeur brûlante, accompagné d’un léger grognement.
« Mais puisque tout a été vidé… » fit Ysher.
« Oh, monsieur le maire, si vous saviez le nombre de choses qu’on dit et qu’on ne fait pas. »
« Je suis persuadée qu’il doit rester quelques petits vestiges dans cet endroit… compléta Jenny.
Le Docteur fit signe que oui de la tête puis se tourna de nouveau vers Ysher.
« Vous dîtes qu’il y a 1700 personnes ici. »
« Oui, regroupées sur cinq niveaux souterrains. Mais il y a encore trois niveaux supplémentaires. »
Le Docteur avait pris son air concentré, écoutant avec la plus grande attention les paroles d’Ysher.
« Le septième est celui qui renfermait la salle des échantillons. Mais il est inaccessible à présent. L’ascenseur est figé par le froid et le l’escalier s’est effondré depuis des années. Mais comme nous n’en avions pas l’usage, nous n’en avons pas fait cas. »
« Je ne vois donc qu’une seule solution, il va falloir descendre. »
Bert se leva et s’approcha du Docteur :
« Oh oui, il est mignon. Ne t’inquiètes pas Bert, nous te ramènerons ce qui te manque…bien que nous n’ayons aucune idée de ce dont il s’agit… continua le Docteur en se mettant à courir en direction de l’escalier. »
Les filles firent immédiatement de même. Ysher se retrouva nez à nez avec Bert, qui le poussa légèrement du bout du museau, signifiant : « Il faut suivre le mouvement ! ».
Il dévala les trois premiers étages, rencontrant au passage de nombreux rescapés étonnés. Jenny et Rose le rejoignirent rapidement. Mais lorsqu’ils arrivèrent au cinquième niveau, ils se retrouvèrent face à un mur composé de tout un tas d’éboulis.
« Il va falloir trouver un autre passage… »s’exclama le Docteur.
« Que suggères-tu ? »
« J’ai ma petite idée…, dit-il avec son petit mouvement de tête caractéristique. Suivez-moi… »
Les filles se mirent à courir derrière le Docteur. Il donnait l’impression de savoir exactement où il allait. Or, ce n’était pas entièrement le cas. Il se trouva nez à nez avec un groupe de personnes qui s’étaient réfugiées dans cette antre.
« Excusez-moi ! Où se trouve l’ascenseur s’il vous plaît ? «
« Heu… par là… »
« Merci… lança-il simplement dans un grand sourire. »
« Mais vous savez…il ne marche pas… »
Ils n’eurent pour toute réponse que les sourires de deux jeunes femmes filant comme l’éclair derrière ce drôle de personnage trop peu habillé pour cet endroit.
Ils arrivèrent bientôt devant une cage d’ascenseur fermée. Jenny arriva devant et appuya sur le bouton, forcément, sans aucun effet. Le Docteur et Rose la regardèrent :
« J’ai pas pu résister, désolée ! » s’esclaffa-t-elle.
« Bien ! Il va falloir ouvrir ces portes. »
Le Docteur plaça ses mains d’un côté, Rose et Jenny de l’autre et ils tirèrent en même temps. Les portes s’ouvrirent dans un grincement, découvrant un précipice glacé et profond de plusieurs mètres.
« Voilà notre route ! fit le Docteur en souriant. Nous allons devoir nous accrocher. Regardant en l’air, il vit la cage d’ascenseur suspendue au-dessus de sa tête. »
« Quand je pense qu’à cette heure-ci, je devrais être en train de me préparer pour aller au théâtre. »
« Ce n’est pas plus amusant de faire de la varappe glacée sur une planète supposée tropicale ? »
« Et bien pour tout dire… heu… ce n’est pas comparable…et puis, l’un n’empêche pas l’autre, n’est-ce pas ? »
« Tu as bien raison Jenny et je n’ai qu’une chose à ajouter : Allons-y ! »
« Non, non attendez…s’écria un jeune homme arrivant en courant. »
« Quoi ? »
« Mettez ce vêtement, la cage d’ascenseur est un congélateur puissance dix ! Et tenez, ces cordons métalliques pourraient vous aider ! »
« Oh ! Et bien merci beaucoup, monsieur…monsieur ? »
« Krik. »
« Oh, et pas Kirk », pouffa Rose.
« Vous ne seriez pas Capitaine ? » ajouta Jenny.
« Non… »
Regardant le Docteur :
« Est-ce que c’est drôle ? »
« Pour un terrien, oui ! »
« Oh ! fit Krik en souriant. Et bien bonne chance, j’espère que vous trouverez ce que vous cherchez ! »
« Et si c’est le cas, il se pourrait bien que tout s’arrange ici ! »
Le Docteur enfila la doudoune bleu, presque couleur TARDIS, passa les gants que venait de lui donner Krik et agrippa l’imposant câble, se laissant glisser le long de la tige d’acier, jusqu’au niveau 7. Bien que, comme l’avait dit Krik, il eut la sensation d’entrer dans un congélateur, son corps n’eut aucun mal à supporter la baisse brutale de température.
Il trouva la porte ouverte, ce qui l’arrangea grandement. Il fit signe aux filles qu’elles pouvaient descendre à leur tour.
Tandis qu’il glissait dans cet enfer glacé, les filles se chamaillait gentiment :
« Oh dis, je peux prendre les gants roses s’il te plaît ? »
« Oh non non non, ils portent mon nom alors je mets… »
Jenny fit mine de bouder. Rose sourit… tendant un gant rose à Jenny.
« On en met un de chaque paire, ça te dit ? »
« Ok », répondit la brunette en sautillant comme une puce, autant pour se réchauffer que pour afficher son contentement. Elle ajouta en tendant à son tour un gant blanc à Rose.
Et celui-là est fait pour toi… »
Il arborait une délicate rose rose brodée, agrémentée de fines feuilles vertes pales.
Rose enfila un gant rose et le gant blanc et passa la première, se demanda tout à coup comment ils allaient pouvoir faire pour remonter. Elle ressenti vivement une sensation de picotement dans tout son corps. Sa descente fut plus que rapide, ce qui lui permit de ne pas tomber en hypothermie. Jenny suivit l’équipe, ne pouvant s’empêcher de penser que ses aventures avec le Docteur pouvaient être une bonne cure contre son vertige.
Lorsqu’elle arriva à l’étage voulu, le Docteur lui tendit la main qu’elle agrippa prestement puis se glissa dans le couloir. Il leva un sourcil puis s’esclaffa en découvrant le manège des deux jeunes femmes à propos des gants. Elles les retirèrent une fois arrivées à destination. Il faisait un plus doux au septième sous-sol. Mais beaucoup plus sombre aussi.
« Heureusement ! Toujours prête ! fit Jenny en lançant une petite lampe torche qu’elle sortit de son sac et lança en la rattrapant au vol. »
Rose et le Docteur répondirent par un sourire.
Un interminable couloir aux murs blancs se présenta en face d’eux. Retirant sa doudoune, le Docteur ouvrit la marche, immédiatement suivi par les jeunes femmes.
Afin de ne pas se laisser submerger par la température encore très basse et l’atmosphère relativement angoissante du lieu, bien qu’il connaissait le courage de ses deux compagnes, le Docteur se mit à questionner Jenny :
« Alors, tu vas au théâtre ce soir ? »
« Oui, enfin, si nous sortons d’ici vivants », plaisanta-t-elle.
« Une pièce de… »
« Shakespeare. »
« Oh, bien ! Un génie cet homme. Étrange que je ne l’eusse pas encore rencontré ! Il faudra remédier à ça ! »
« Et quelle pièce exactement ? »
« Much Ado about Nothing. »
« Hummm, très bon choix! »
« Il se trouve que la mise en scène est très novatrice et les comédiens, je ne te dis que ça. »
« Qui ? »
« Connais-tu David T. et la célèbre Catherine T. ? »
« Oh, oui… j’ai déjà entendu parler d’eux ! Ils n’ont pas joué dans une série de science-fiction un peu déjantée ? »
« Si. Doctor Who ! Tu connais ? »
« Pas plus que ça, ça à l’air pas mal. Je n’ai pas vraiment le temps de regarder la télé. En tout cas, ce sont des excellents comédiens, elle, elle est un peu surexcitée mais vraiment sympathique, et lui, quel bel homme… »
« Docteur !? s’écria Rose, faussement outrée. »
« Non, je plaisante… mais son jeu d’acteur est incroyable… »
« Tu sais ce que je me suis demandé ? Non, mais je dois me tromper… Je me suis demandé si ils ne s’étaient pas inspiré de toi pour le personnage du Docteur… en plus… même nom, c’est étrange non… »
« Rhoooo, non voyons, c’est impossible », fit-il avec sa moue boudeuse.
« Rien n’est impossible Doc… »
« Oh regarde…je crois que c’est ce que nous cherchons… »

Chapitre 6 : Quand Ariane rencontre Scylla

Le trio tourna la tête en direction d’une porte vitrée indiquant en grande lettre blanches : 10 - Collection Échantillons. Le Docteur et Jenny s’y précipitèrent. La jeune fille fut la première à poser sa main sur la poignée. Elle ne s’ouvrit pas. « Il fallait s’y attendre ! » dirent en même temps la brunette et le Docteur. Ils fouillèrent alors en même temps dans leur poche, sortant leurs tournevis soniques. Se rendant compte de l’étrangeté de la situation, le Docteur rangea lentement le sien et laissa Jenny démontrer son savoir sur le verrou, qui s’ouvrit instantanément. Une fois de plus, il nota à quel point les comportements de Jenny étaient un écho des siens. Il se garda de le mentionner et, « tennant » la porte grande ouverte, il laissa passer les jeunes femmes devant.
Ce ne fut qu’après qu’il se rendit compte que ce geste galant aurait pu être dangereux, ne sachant ce qui pouvait se cacher de l’autre côté.
Une fois à l’intérieur, la température leur parut à tous plus supportable. Mais ce qui s’étendait face à eux n’était pas encourageant : une infinité de couloirs, entourés de centaines d’étagères hautes de plusieurs mètres, couvertes de millions d’échantillons.
« A part ça, ils ont tout vidé ! » cita Jenny, les yeux ronds.
« Ça risque d’être un petit peu plus long que prévu ! » fit le Docteur tout excité.
Ils avançaient lentement, observant avec attention chaque objet présent sur les étagères. L’inspection s’annonçait longue !
«  Je commence vraiment à avoir l’impression de vivre toujours la même chose, se désespéra d’un coup Jenny. Des labyrinthes, des labyrinthes et encore et toujours des labyrinthes. »
Ce n’était là qu’une simple analyse de la situation, et ils devaient bien se l’avouer, ils avaient toujours adoré ces couloirs interminables à la recherche d’une chose inconnue. Pourtant, ni le Docteur ni Rose ne la contredirent.
C’était la première fois qu’il entendait la jeune femme se plaindre. Ce n’était pas la première fois qu’elle révélait à haute voix leurs plus profonds sentiments bien que pour le coup, ils sentaient qu’il y avait quelque chose de plus profond dans ce qu’elle venait d’exprimer. Cela les surprenait toujours, mais ils avaient réussi à le lui dissimuler jusqu’à maintenant.
« Il n’y a donc que ça dans l’univers ! continua-elle. C’est vraiment incroyable ! A croire que J.K. ou Spielberg n’ont rien inventé. Avec ses entrepôts sans fin, on dirait vraim... »
Un éclair marron en Converses l’interrompit. Comme si cela avait été inscrit dans les gènes de tous ses compagnons ou qu’ils avaient été conditionnés à réagir de la même façon, Rose échangea un regard avec Jenny et, sans plus réfléchir, elles prirent le même chemin au pas de course. Le Docteur avait déjà plusieurs dizaines de mètres d’avance sur elles. Elles arrivèrent à gagner du terrain quand il s’arrêta pour examiner quelque chose avec intensité, mais au moment où elles espéraient le rejoindre, il reprit sa course de plus belle. Il avait apparemment mit le doigt sur un indice, mais lequel ?
Il tourna à gauche, puis à droite, et encore à gauche. Elles ne le quittaient pas d’une semelle, tentant de ne pas le perdre lorsqu’il piquait l’un de ses impressionnants sprints. Enfin, elles le virent tourner une dernière fois à gauche alors qu’il était encore à une bonne dizaine de mètres d’elles. Lorsqu’elles le rejoignirent, elles manquèrent de peu de le renverser. Le Docteur était immobile, passant frénétiquement les mains dans ses cheveux.
« Docteur ? » demanda Rose.
Il ne répondit pas.
« Docteur ? » réitéra la jeune femme, une pointe d’angoisse dans la voix.
« Les toilettes… »
« Quoi ? » demanda Jenny.
« Ça indiquait les toilettes… » répéta le Docteur en se retournant vers les deux femmes, une main toujours dans les cheveux, l’autre pointant une porte avec un signe plus qu’évocateur.
« Oh…Oh…NON… Tu veux dire que nous avons couru dans ce maudit entrepôt, suivant les indications des toilettes ? »
Il regarda Jenny droit dans les yeux. Les mots n’étaient pas nécessaires.
Ce fut au tour de Jenny de se passer sa main dans ses cheveux. Rose ne put s’empêcher de remarquer la similarité.
« Et tu sais où nous sommes ? »
« Je n’en ai pas la moindre idée… Enfin, quand je dis que je n’en ai pas la moindre idée… Je sais que nous sommes sur Tropica et dans un entrepôt et… »
« Vous voulez dire que nous sommes perdus ? » demanda Rose
Il ne répondit pas, une fois de plus son regard fit passer le message : «Désolé. Je suis vraiment désolé. Euh… quelqu’un a une petite envie ? »
« Non, mais c’est pas possible. Quand je pense que je devrais être en train de voir une pièce de théâtre, une délicieuse pièce de théâtre ! Mais non, je suis là, coincée sous la terre, parce que tu n’as pas posé de questions. Les hommes sont vraiment incroyables. Vous ne demandez jamais votre chemin et voilà dans quelles situations vous vous retrouvez. Et dans lesquelles vous nous mettez devrais-je dire… Ariane m’avait prévenue : mettre un homme dans un labyrinthe, rien de plus dangereux. Enfin, il faut l’avouer, elle m’avait aussi dit de toujours emporter un fil… ce que je n’ai bien évidemment pas fait… »
Jenny marchait de long en large dans le court couloir. Elle était agitée comme jamais et ne pouvait s’empêcher de hurler en s’exprimant.
Rose et le Docteur ne l’avaient jamais vue dans un tel état. Ni l’un ni l’autre n’osaient dire quoi que ce soit. Elle qui était d’habitude si calme et si tranquille, même dans les moments les plus terribles. Elle qui savait tempérer ses émotions, quelle que soit la situation. Le Docteur trouvait ses réactions exagérées comme si elles prédisaient quelque chose, une chose terrible, imminente. Peut-être devinait-elle ce qui allait se passer. Il la regarda, la fixa. Non, rien dans son regard ne laissait présager qu’elle savait quelque chose. Il commençait à bien la connaître. Ils avaient déjà vécu plusieurs aventures ensemble, mais jamais il ne l’avait vue dans un tel état. Pourquoi ? Un grondement sourd semblant provenir des profondeurs de la terre le tira de ses réflexions. Jenny se tut instantanément, la bouche grande ouverte. Rose s’immobilisa, aux aguets. Les trois regards se croisèrent et le Docteur n’eut pas le temps de dire son ‘Courez’ qu’il sentit le sol vibrer sous ses pieds, l’étagère devant lui vacilla. Rose s’élança vers l’avant juste au moment où l’étagère crevait le plancher et plongeait dans le vide. Rose se jeta vers l’avant, s’étalant quelques mètres plus loin, en sécurité. Mais il n’en fut pas de même pour Jenny et le Docteur.
Le sol se déroba sous les pieds du Seigneur du Temps, lui laissant juste le temps de s’accrocher à un des barreaux de l’étagère restée bloquée devant lui. Jenny s’était recroquevillée dans un coin près de la porte des toilettes, regardant avec appréhension son Docteur en très mauvaise posture et le sol qui continuait à s’effriter. Elle essaya de l’aider, se maintenant avec précaution à une étagère encore debout. Le Docteur lui hurla de ne pas bouger, mais elle ne l’écouta pas.
Alors qu’elle n’était plus qu’à quelques centimètres de la main de Ten, l’étagère se renversa, emportant la jeune femme dans sa chute. Le Docteur lâcha à demi sa prise, réussissant à attraper la main de Jenny au vol.
Toutefois la barre se plia un peu et, à cause du léger mouvement de balancier du Seigneur du Temps, glissa par son col et le maintint suspendu, l’obligeant à garder la tête de côté pour éviter de s’assommer. Ten ne pouvait estimer à quelle distance se trouvait le sol en dessous d’eux.
Jenny se balançait au-dessus du puits, retenue seulement par le bras du Seigneur du temps. D’un regard, il lui fit comprend qu’il allait la lâcher, afin qu’elle s’accroche à sa taille. Il pourrait ainsi assurer sa prise et tenter de remonter grâce à ce bout de tuyau qui mettait en péril les coutures de son manteau bien-aimé. Plus haut, Rose essayait de comprendre ce qui se passait, de trouver un moyen de leur venir en aide. Ils ne pouvaient répondre, tout du moins pas tant qu’ils seraient dans cette position plus qu’inconfortable.
Dans un mouvement de balancier plus contrôlé, il remonta Jenny le plus près possible de son torse. Il la lâcha et, une demi-seconde plus tard, il sentit les bras fins de la jeune femme l’enserrer avec vigueur. Rapidement, il agrippa avec plus de force la barre de fer et soupira de soulagement. Un problème de réglé. Au suivant. Ils étaient peut-être dans une position un peu moins périlleuse, mais ils n’étaient pas sortis d’affaire pour autant.
Il hurla à Rose que tout allait bien et l’entendit grommeler qu’ils avaient intérêt à rester vivants. Il l’entendit ensuite s’approcher en passant par-dessus l’étagère effondrée.
Ce fut à cet instant qu’il sentit que la situation basculer. En fait… de glisser vers une autre sorte de danger.
Toujours accrochée à sa taille, Jenny se maintenait fermement sans pour autant l’étouffer. Mais alors qu’elle lui criait qu’elle était désolée de ne pas l’avoir écouté, il sentit son pantalon glisser lentement le long de ses jambes. Jenny descendait au même rythme avec un petit cri d’horreur. Elle essaya de rependre sa prise mais c’était tout simplement impossible. La barre de fer continuait à plier, ses forces déclinaient rapidement et sa dignité semblait décroître à la même vitesse. Rose avait le bras tendu dans sa direction pour l’aider à remonter, mais il ne pouvait pas libérer une de ses mains pour l’attraper. Les muscles de ses épaules étaient sur le point de se déchirer.
Le pantalon continuait sa lente descente, jusqu’aux chevilles du Docteur. Jenny essayait tant bien que mal de ne pas lâcher prise, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser au comique de la situation : elle, en train de déshabiller involontairement son Docteur, la tête pratiquement entre ses genoux dénudé. Mais le moment était loin d’être amusant. Elle sentait que son Docteur commençait à fatiguer, que son poids n’aidait pas. Elle savait bien qu’elle n’allait pas pouvoir remonter, que ses bras craqueraient avant et qu’ils tomberaient tous les deux.
Elle ne voyait pas ce qui se passait au-dessus d’eux mais devinait que Rose était en train de faire son possible pour les aider. Il était primordial qu’elle y arrive. Elle entendait le Docteur débiter des paroles qu’elle n’arrivait pas à comprendre tant sa respiration bourdonnait dans ses oreilles.
Elle appuya une seconde sa tête entre les genoux de Ten, demandant silencieusement son pardon pour ce qu’elle s’apprêtait à faire. Il comprit immédiatement son geste.
« Jenny ?....Jennnnyyyyyyyyyyyyyyy….NOOOOOOOOOOOOOOONNNN…. !!!!!!!! »
Jenny lâcha prise, silencieusement, se remettant au destin et à l’inconnu.
Rose se pencha en avant, la bouche ouverte, n’arrivant pas à crier. Le Docteur rajusta sa prise et se tourna vers la sombre faille. Il ne sut s’il devait être soulagé d’entendre un bruit sourd au bout de deux secondes. Jenny n’était probablement pas réduite en bouillie quelque part dans ces ténèbres.
Il cria à nouveau le prénom de sa protégée, mais rien ne lui revint, si ce n’est l’écho de sa propre voix. Il ne pouvait la laisser. Il devait la retrouver. Croisant le regard de Rose au-dessus de lui, il quêta muettement son approbation.
« Oh, non, non, non, vous n’allez pas sauter ! On va trouver une corde… »
Ils pouvaient peut-être sacrifier son manteau et s’ils…
Il avait le sourcil levé, tous les muscles de son visage crispés, une expression terrible dans le regard. S’il avait pu hurler sa rage, son impuissance et sa culpabilité, Rose serait devenue sourde.
Elle hocha la tête. D’accord. Pas moyen de négocier dans cet état. Sauf sur un point.
« Dans ce cas, je viens avec vous. »
« Oh que non. Vous n’avez pas besoin de me suivre dans tous les pièges que recèle l’univers. Je vous ai invitée à visiter l’espace, pas à trouver l’endroit parfait pour… »
D’un bond, elle se jeta dans le précipice, lui coupant instantanément la parole. Elle se retrouva agrippée à lui comme l’avait été Jenny quelques secondes plus tôt. Ils restèrent accrochés ensemble un moment, puis le Docteur et elle basculèrent ensemble dans la fosse. Sans un son.
Modifié en dernier par MissFantasy le 12 Nov 2014, 17:37, modifié 8 fois.
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Re: Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

Messagepar MissFantasy » 20 Aoû 2014, 17:21

Chapitre 7 : Dans le terrier du lapin blanc

La chute ne dura pas aussi longtemps qu’ils l’avaient craint, pour le peu qu’ils avaient eu le temps d’y penser. Le dos du Docteur percuta rapidement la surface dure et lisse d’une gaine d’aération. La pente extrêmement raide et l’absence totale de prise les obligea à se laisser glisser de plus en plus loin. Rose ne lâcha pas son Docteur, les yeux fermés, incapable d’émettre le moindre son. L’air froid sifflait à leurs oreilles.
Après plusieurs secondes interminables, la pente sembla s’adoucir, prédisant la fin de cette course. Le Docteur essaya de ralentir davantage sa chute en écartant les bras. Mais sa main droite rencontra un obstacle qui lui arracha un cri de douleur et de surprise en même temps qu’un bon morceau de peau à l’instant même où ils arrivaient à un nouveau point de jonction. Son mouvement les entraîna dans un nouveau tunnel.
La peur commençait à gagner Rose, mais le Docteur semblait relativement calme, comme toujours. Il ne pouvait laisser tomber Jenny et sentait que, bien qu’elle s’accroche de toutes ses forces à lui, Rose ne pourrait pas tenir indéfiniment. Ils ne devaient pas se séparer, sous peine de se perdre réellement dans ce dédale. Il recommença à tâtonner pour une prise, avec un peu plus de prudence que la première fois cependant.
« Docteeeeeuuuuuur ! » cria Rose.
Elle voyait approcher à vitesse grand V l’extrémité du tunnel fermée par une espèce de brume crépitant d’énergie qui ne lui disait rien de bon.
Ce fut in extremis que le Docteur saisit un câble. Les pieds de Rose se trouvaient à moins d’un mètre du champ de force. Ses cœurs manquèrent un battement lorsqu’il comprit que Jenny, elle, était très vraisemblablement passée au travers. Ces courants énergétiques pouvaient être très puissants, au point de tuer. Ils étaient destinés à éviter la contamination aérienne par des toxines. Mais Jenny… n’était pas une toxine et pourtant…
Mais il ne devait pas se concentrer sur ça. Rose toujours suspendue dans le vide, ne tenait que parce que lui tenait. Ils devaient absolument éteindre ce champ de force. Et pour cela, ils devaient absolument se stabiliser. Il tenta de caler ses pieds contre les parois, mais il y avait un petit problème. Le pantalon, descendu au niveau des chevilles, lui bloquait absolument toute mobilité. Rose faisait de son mieux pour ne pas l’étouffer : son anatomie de Time Lord le rendait plus résistant qu’un être humain, mais il avait tout de même ses limites.
« Enlevez-moi ce pantalon ! » s’écria subitement Ten.
« Quoi ? » hurla Rose en manquant de s’étrangler.
« Je dois absolument retrouver ma liberté de mouvement. Rose, s’il vous plaît, enlevez-moi ce pantalon ! »
Elle leva les yeux. Il évita soigneusement de la regarder, ses lèvres pincées en un sourire très léger. Il venait de comprendre toute l’ambiguïté de sa demande.
Et il ne doutait pas, avec tout le respect qu’il devait à Rose, qu’elle n’aurait pas été contre cette requête. Et il devait bien se l’avouer qu’il était dans le même cas.
Mais il repensa à Jenny. Son visage redevint grave. Il hocha légèrement la tête et pointa du menton ses pieds.
Avec beaucoup de précaution, elle commença à enlever une des Converses du Docteur en se servant de ses orteils et de ses pieds. La chaussure s’écrasa au sol dans un bruit sourd. Rose ne remarqua pas le soupir de soulagement du Docteur. L’aurait-elle entendu qu’elle n’aurait certainement pas compris la raison. La chaussure n’avait pas été désintégrée par le champ de force en le traversant. Il y avait eu certes un léger grésillement mais le contact avec le sol confirmait que le champ de force était certainement dosé au minimum. Rose réitéra son geste quasi professionnel et la seconde chaussure tomba. Elle termina en faisant glisser le pantalon du Docteur qui termina aussi sa course quelques mètres plus bas.
Un nouveau soupir s’éleva. Rose le remarqua. Celui-là était d’avantage lié au plaisir du Seigneur du Temps d’avoir retrouvé le contrôle de ses gestes. Il écarta un peu plus les genoux, pour donner un peu de répit à son bras. Il fouilla dans la poche intérieure gauche de sa veste et en sortit le tournevis sonique. Il scanna l’espace légèrement luminescent en dessous de lui.
Quatre mètres en dessous d’eux, un saut de puce après ce qu’ils avaient déjà traversé, il y avait le signal d’une forme de vie. Immobile, mais vivante. Espérant de ses deux cœurs qu’il s’agisse de Jenny, ce qui lui rendit courage, il donna le tournevis à Rose, lui expliquant ce qu’il attendait d’elle. Aussitôt dit, il referma avec force ses mains autour de la poignée improvisée qu’il avait trouvée et laissa à nouveau pendre ses jambes. Rose lui sourit bravement, avala sa salive et commença sa descente en criant :
« Docteur ! J’espère que vous comprenez que les gestes que je risque d’avoir sont totalement innocents. »
Le Docteur eut un reniflement qui pouvait passer pour un éclat de rire contenu. Rose, elle, bien qu’en position « inconfortable », ne put empêcher un rire franc tout en continuant sa progression. Arrivée aux genoux du Docteur, elle plaça une de ses jambes contre le mur métallique et tendit le bras en direction du boîtier de contrôle. Le tournevis bourdonna et une pluie d’étincelles illumina provisoirement le tuyau d’aération. Un bruit strident confirma que le champ de force était désactivé. Lançant un dernier regard au Docteur, elle se servit de la paroi comme d’un toboggan.
Quelques centimètres de métal et une chute libre plus tard, la jeune femme tomba à demi sur Jenny, qui était bien la forme de vie annoncée par le tournevis sonique. Jenny étant inconsciente, mais en vie. Rose la tira de toutes ses forces afin que le Docteur ne s’étale pas sur elles. Moins de dix secondes plus tard, il était aussi en bas.
Sur ses pieds en moins d’une seconde, il se précipita auprès des deux jeunes femmes. Rose se releva immédiatement et Jenny reprit lentement connaissance dès qu’il l’effleura.
« Jenny, ne me refais jamais un coup pareil. Tu nous as fait tellement peur… » lui murmura-t-il tout en l’enlaçant.
« Doc… » répondit-elle encore à moitié sonnée.
« Quoi ? Qu’y a-t-il ? Ça ne va pas ? »
« Doc… »
« Quoi ? Tu es blessée ? Répond ma chérie…répond… »
« Remet ton pantalon… » murmura-t-elle sérieusement.
Levant un sourcil, il ne répondit rien… l’espace d’une seconde. Puis, comme pour le narguer, précédé par les débris de l’étagère, un bout de tuyau courbé autour duquel était entortillé un manteau marron tomba à ses pieds Il tira à lui son manteau et se releva, visiblement gêné de se trouver ainsi si près de la jeune fille.
Et dans le peu de tenue qu’il… que…
« Ne t’en fais pas, ce n’est pas comme si c’était la première fois que… » le rassura-t-elle en se redressant avec précaution.
« Quoi ? »
« Oh, c’est une longue histoire... Je t’en prie, rhabille toi… Regarde, Rose a tout rassemblé : tes Converses… et le reste. »
Sans en demander davantage, il prit ce que lui tendait Rose avec un sourire mutin. Jenny se remettait lentement debout. Rose l’aida à se redresser. Elle ne semblait ne pas avoir trop souffert de cette chute. Elles faisaient en sorte de ne pas regarder leur Docteur en train de se rhabiller, mais ne purent éviter tous les regards en coin. Pendant tout ce temps, le Docteur énumérait les raisons pour lesquelles Jenny était toujours en vie, essayant, à n’en pas douter, de distraire ses compagnes du spectacle qu’il leur offrait.
« Tu as vraiment eu beaucoup de chance, Jenny. Ce champ de force t’a sauvé la vie. Il a agi à l’inverse de ce qu’il aurait dû, ralentissant ta chute au lieu de te désintégrer. Il a agi…comme un air bag en fait, expliqua-t-il en remontant la fermeture-éclair de son pantalon. Mais je t’interdis de me refaire un coup comme ça, tu m’entends, continua-il en la pointant avec sa chaussure. J’étais entièrement capable de nous remonter tous les deux… et s’il t’arrivait malh… »
Rose et Jenny essayaient de prêter attention au discours. Jenny se sentait un peu coupable, Rose se demandait si elle n’aurait pas dû agir autrement. Mais quand elles échangèrent un regard, une fraction de seconde leur suffit pour exploser de rire. Le Docteur, toujours avec la Converse dans la main, s’interrompit tout net.
« Quoi encore ? »
Elles ne purent répondre, leurs rires redoublant de force devant son air déconcerté. Se redressant, il se planta devant elles, les mains sur les hanches, arborant une expression faussement agacée.
« Vous allez tout me dire, mesdemoiselles ? »
La main sur la bouche, essayant d’étouffer son rire, Rose tenta de s’expliquer, mais elle en fut tout simplement incapable, repartant dans un fou rire sans retenue. Elle se concentra alors sur Jenny : le sourcil levé, sérieuse et attentive… mais trahie par son sourire en coin et son regard fuyant.
« Doc…tu aurais pu faire un petit effort tout de même… Costume rayé, caleçon écossais et chaussettes blanches, ce n’est pas très assorti tout ça… »
« Mais… mais… Rhoooo…vraiment, les filles… Vous êtes…. Vous me laissez sans… »
« Oh, mais Docteur, tu es blessé ! » s’exclama Jenny.
« Oh… Oh, ça… Nan, ce n’est rien, rien du tout, une égratignure » dit-il en leur montrant sa main, ajoutant un geste appuyant qu’il ne s’agissait vraiment de rien du tout.
Les deux filles se regardèrent
« Incorrigible ! » s’exclamèrent-elles en cœur.
« Oh, mais regarde, toi aussi, ma pauvre petite Jenny, tu as du aussi t’égratigner la main dans ta chute... » ajouta-t-il.
« Oh, Jenny, vraiment, tu veux vraiment tout faire comme lui, espèce de… »
Elle ne put rien ajouter de plus, le Docteur s’engouffrant dans le couloir derrière elles. Se pouvait-il qu’il ait trouvé… ? Se retournant précipitamment, elles le suivirent sans un autre commentaire. Il s’arrêta une cinquantaine de mètres plus loin, et elles l’entendirent s’écrier dans un élan d’émerveillement :
« Oh, mais vous êtes magnifiques ! »
Les filles éclatèrent de rire et rougirent sous le compliment.
Modifié en dernier par MissFantasy le 14 Nov 2014, 17:23, modifié 1 fois.
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Re: Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

Messagepar MissFantasy » 03 Sep 2014, 18:47

Chapitre 3 posté, bonne lecture les amis.
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Re: Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

Messagepar MissFantasy » 21 Sep 2014, 18:12

Chapitre 4 posté! Bonne lecture à tous!
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Re: Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

Messagepar MissFantasy » 02 Oct 2014, 18:11

Chapitre 5 posté! Bonne lecture à tous!
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Re: Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

Messagepar MissFantasy » 12 Nov 2014, 17:36

Chapitre 6 posté! Bonne lecture à tous!
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Re: Jenny's Adventures 3 : Vague de froid

Messagepar MissFantasy » 14 Nov 2014, 17:24

Chapitre 7 posté dans la réponse 2! Bonne lecture à tous.
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