La science-fiction Britannique existe elle encore ?

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doctor222
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La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar doctor222 » 15 Aoû 2014, 11:26

Derrière ce titre un peu accrocheur, ce cache un sujet plus complexe qu’on ne le pense. Déjà, qu’entendons-nous par Science-Fiction Britanique. Tout simplement un style propre à une certaine époque. Pour faire simple, Quatermass, Les Triffids, Les Tripods, les productions Gerry Anderson, etc.
Toutes ces fictions ont un point en commun, elles sont sombres.

Les Quatermass sont connues pour leurs scénarios très originaux. Dès la première aventure, le professeur pousse au suicide la créature mutante. Dans les Triffids, l’humanité est rendue aveugle une nuit par des spores extraterrestres, et devant survivre à l’attaque de plantes se nourrissant d’eux. Gerry Anderson, connus surtout pour ces séries à marionnettes n’hésitais pas non plus a utiliser des sujets très sérieux. Des martiens vengeur dans Captain Scarlet, tuant et transformant des victimes humaines en véritable bombe vivante. Des Extraterrestres prélevant des organes sur les humains pour la survie de leur espèce dans UFO. Le stockage des déchets nucléaires et ses conséquences dans COSMOS : 1999

Doctor Who ne faisait pas exceptions à la règle dans la série classique. La première saison de Pertwee voit justement un malentendu entre les terriens et une race extraterrestre dans « The Ambassadors of Death ». Les conséquences des expérimentations scientifiques dans « Inferno ». Ou encore une forme de racisme dans « Doctor Who and the Silurians ». Et j’en passe, puisque la série abordera ces sujets jusqu’en 1989.

Mais peut-on dire que la nouvelle série a suivi cette même direction. N’a telle pas subit l’effet « Dora l’exploratrice » pour éviter de « sois disant » choquer une génération d’enfant.
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar Laureline » 15 Aoû 2014, 12:51

Je n'en n'ai pas l'impression.
Je réfléchis aux différents "méchants" combattus par le Docteur à travers les 50 dernières années. Celles qui m'ont fait le plus peur et m'ont le plus marquées, c'est des inventions de Classics.
...
suite du post a venir, je cherche des comparaisons nuwho/classics parlantes pour tous
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar Stormaggedondedalus » 15 Aoû 2014, 13:40

Salut ! Super sujet ! Si j'ai bien compris, il s'agit de voir si la série actuelle traite encore de dilemmes "sérieux" ( ou moraux, "réalistes") dignes des premières années.

A mon avis, oui. Je ne peux évidemment pas faire de liste exhaustive mais...
La folie des grandeurs capitaliste est dénoncée dans Dalek.
La parano sécuritaire antiterroriste (Bush, Blair & co) est abordée dans The Christmas Invasion.
Midnight pose des questions sur les conséquences de la peur (folie meurtrière, intolérance...).
Une question de droit des animaux est le souci de The Beast Below.
La surveillance par internet est implicitement pointée du doigt dans The Bells of St John.
Il y a des interrogations frissonnantes sur la justice dans A Town Called Mercy.
The Power of Three met en avant la curiosité dangereuse des humains et les phénomènes médiatiques imprudents et incontrôlables qui s'ensuivent (Twitter, Facebook...).
L'archivage gouvernementale n'est pas non plus vu d'un très bon oeil dans The Day of the Doctor.
The Satan Pit, Planet of the Oods ou The Rings of Akhaten s'attaquent à la religion (les antagonistes sont réellement des Dieux !) dans une perspective plutôt apathée. Aussi, The Time of the Doctor satirise (pour ne pas dire ridiculise) la religion organisée avec les confesseurs lugubres que sont les Silence, les formalités sans intérêt (signe de croix ou arrivée à poil, où est la différence ?) et les séparatistes hérétiques cinglés de Kovarian. Il y a des messages on ne peut plus explicite sur la notion de paradis ou "terre promise" dans "Last of the Time Lords" et "Deep Breath".
Ceux qui se joindront à ce débat trouverons sûrement bien d'autres exemples.
Il y a également des gaffes morales dignes de la bourde The Ark: génocide des Silence dans Day of the Moon ou indifférence du Docteur face à la situation du malheureux Alex dans son HLM (Night Terrors).
Dans tous les cas, le DW actuel n'a rien d'un Dora l'Exploratrice. Certes, Ten et Eleven ont l'enthousiasme insouciant de vrais gamins. Mais les situations et questions auxquelles ils sont exposés sont graves et souvent pertinentes.

Ceci dit, j'aimerais proposer un autre aspect de la "science-fiction britannique". Je crois qu'aborder des questions humaines (contemporaines ou intemporelles) n'est pas une spécificité British. Star Trek, Star Wars, Stargate et diverses franchises de super héros le font aussi.
Je pense que la spécificité de la SF britannique - ce qu'on peut voir dans The Hitchhiker's Guide to the Galaxy, Red Dwarf, Being Human, Misfits - est l'arrogance ou légèreté (pour ne pas dire la flegme) quasiment surréaliste. Je ne sais plus qui a dit que DW est un succès SF depuis tant d'années car la série ne s'est pas prise au sérieux. Ce qui la distingue des SF américaines.
Il y a des situations sérieuses mais aussi un réel décalage. C'est pour ça que j'adore des épisodes comme Dinosaurs on a Spaceship: des péripéties complètement barrées avec un méchant pourri néanmoins sérieux et flippant dans ses intentions.
Tarantino ne peut pas s'empêcher de pulvériser Hitler en atomes (Inglorious Basterds) alors que Moffat préfère le foutre au placard (Let's Kill Hitler). Deux points de vue nettement différents.

Tu mentionnes la période Pertwee. C'est intéressant car beaucoup considèrent cette époque comme "conservatrice" (le Doc aide UNIT, se mêle directement des politiques d'État dans "The Claws of Axos", est très attaché à la rigueur de ses ambitions scientifiques...) par rapport aux caractéristiques individualistes/libérales des années 60. C'est intéressant car je crois qu'il y a eu un réel changement de l'approche de la SF au Royaume-Uni depuis toutes ces années. Quand, je ne sais pas. Mais ça m'intéresse.
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar doctor222 » 15 Aoû 2014, 15:28

Je ne visais pas forcément le message, mais plus la dureté des scénarios. La science-fiction britannique et sombre est très pessimiste. Doctor Who n'est pas vraiment pessimiste, en tout cas pas la nouvelle série. Inferno lui l'est clairement, et j'en passe. Certes la série traite toujours de sujets sérieux, mais elle les traites d'une manière très légère.

Tu parle de The Bells of St John, je ne trouve pas que le message 'on pointe du doigts cette surveillance excessive' soit réellement claire. A vrais dire, ce sont juste des extraterrestre qui enlève les gens via le signal Wi-Fi (j'ai vu deux fois l'épisode, dont une fois en français, et j'avoue que je trouve toujours très flou l'histoire ainsi que le but de tout ce plan). Peut être est ce plus pertinent pour un londonien, car effectivement tout Londres est truffé de caméra de surveillance. En tout cas je pense que c'est traité d'une manière trop légère, trop survolé pour vraiment être considéré comme une critique acerbe.

Doctor Who and the Silurian reprend un peu de The Ark justement. Dans le faite qu'il y a toujours un abruti xénophobe qui veux faire tout capoter. Mais ce qui fait ressortir cette histoire c'est la scène finale ou le brigadier donne l'ordre de faire exploser le Bunker et que le Docteur en est un témoin impuissant. Inferno est le comble du pessimiste puisque le Docteur assiste littéralement à la destruction d'une terre parallèle. Et le faite que ce soit un monde totalitaire n'en est pas la cause puisque il y a exactement la même expérience dans l'univers du Docteur.

La dernière fois que j'ai vu une telle réaction c'est justement dans The Christmas Invasion.
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar Stormaggedondedalus » 15 Aoû 2014, 16:30

J'ai dû être dérouté par les exemples que tu as donnés au début (la morale diplomatique dans The Ambassadors of Death, le racisme dans The Silurians) qui m'ont fait penser à une problématique de message sérieux plutôt que d'apocalypse initiatique.
Je trouve perso que les circonstances extrêmes d'Inferno sont assez peu fréquentes dans la série. J'ai vu pas mal d'épisodes, pas tous, mais j'aimerais bien d'autres exemples.
Je crois qu'on a un point de vue commun car je trouve la SF British actuelle plus "cynique" que "pessimiste" => ce n'est pas exactement dire "tout va mal et ira mal" mais plutôt "tout va mal et ira mal....et on s'en fout, ça passera."

Quant au pessimisme du DW récent, eh bien...
Utopia est assez dur. Le destin des hommes en Toclafanes m'a fait faire un petit "gloups !" dans Last of the Time Lords. En fait, cette révélation est littéralement plus pessimiste que la Terre parallèle d'Inferno.
Le Master est un psychopathe fou apparemment incurable (The End of Time).
Gallifrey, ses innocents inclus, est condamnée dans l'ère T. Davies.
Les tueries commises par les Daleks dans Dalek, The Parting of the Ways/Bad Wolf marquent pas mal.
Ils se recréent d'ailleurs à l'aide d'organes humains !
Mais j'affirme que les Daleks criminels sont désormais mal exploités par Moffat.
Les aperçus visuels des conversions en cybermen dans The Age of Steel sont assez évocateurs.
Le Docteur est torturé dans Dalek. Il vit un an sous l'emprise (probablement quotidienne) d'un bully entre The Sound of Drums et Last of the Time Lords.
Les robots de The Girl in the Fireplace sont de vrais bouchers.
La Bibliothèque reste un monde cédé aux Vashta Nerada.
The Waters of Mars est aussi assez dur et laisse le projet Mars en suspend.
Planet of the Dead se déroule, eh ba oui, sur une planète où tout le monde est mort (pour pas dire franchement un tas de cadavres).
Le Docteur ne peut rien faire pour empêcher l'éruption de l'Etna dans The Fires of Pompeii.
Dans Turn Left le monde s'anéantit petit à petit.
Certaines séquences de Midnight sont assez frappantes.
Il y aussi des morts surprenantes dans Voyage of the Damned.
La "séquence émotion" pessimiste par excellence pourrait bien être celle du Docteur "destroyer of worlds" face à Davros dans Journey's End. Et il y en a une forme d'écho dans A Good Man Goes To War.
Les hommes transformés en cochons dans Daleks in Manhattan (c'est con à dire mais quand même dég !).
The Family of Blood reste dramatique car John Smith "meurt" quand même.
Alaya meurt dans Cold Blood car le désespoir vengeur atteint son comble.
Dans cet épisode, la scène où Rory meurt (temporairement) est bien fichue émotionnellement.
Une Amy alternative vit un véritable enfer éternel dans The Girl Who Waited.
On imagine les heures sombres endurées par Rory pendant 2000 ans à côté de la Pandorica.
Dans The Almost People le château est abandonné et le Ganger du Docteur meurt.
On y apprend par la suite qu'Amy a perdu l'autonomie de son propre corps de femme enceinte pour être instrumentalisée vulgairement par Kovarian.
La mort de l'Ange Bob est plutôt épouvantable dans The Time of Angels.
L'emploi de la petite Melody Pond en tant qu'esclave tueuse est franchement malsain (The Impossible Astronaut, Day of the Moon).
Le script de Dinosaurs on a Spaceship m'a fait vraiment imaginer Nefertiti maltraitée cruellement (violée !?) par Solomon si le Docteur ne réagit pas.
Le mensonge du frère Gregor dans Journey to the Center of the TARDIS est plutôt moralement dégueulasse.
L'ennemi de Deep Breath, sans spoiler, est assez atroce.

Bon, pis y en a d'autres. Sans être dans l'apocalypse alternatif d'Inferno, il y a encore des horreurs réelles dans la série.
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Malohkeh
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar Malohkeh » 15 Aoû 2014, 21:29

Je suis d'accord pour dire que la série classique était plus audacieuse et moins édulcorée lorsqu'il s'agissait d'aborder des sujets sérieux ou de mettre en scène de la violence.

Mais à l'intérieur même de la nouvelle série, il y a une grande différence entre l'ère Davies et l'ère Moffat. Davies n'hésitait pas à faire de la satire sociale voire politique lorsqu'il était aux commandes, et sa vision du whoniverse était beaucoup plus sombre. En plus de son militantisme pro-LGBT, il a fait une critique en règle des médias et de leur influence dès la saison 1, n'a pas hésité à aborder le thème de l'esclavage moderne dans Planet of the Ood (où le Docteur explique que pour lui l'humanité du XXIème siècle a juste inventé une autre forme d'esclavage avec les délocalisations en Chine) etc. De plus le Docteur n'est pas aussi "divin" qu'il n'y parait puisqu'il est limité par les points fixes dans le Temps et commet régulièrement des actes moralement discutables.

L'ère Moffat, jusqu'à présent est quand même beaucoup plus lisse, à part la critique de la religion (qui a existé à toutes les époques dans la série), j'ai plus de mal à voir des épisodes avec un deuxième niveau de lecture (ou alors du réchauffé et de l'édulcoré). Le 11ème Docteur est beaucoup moins ambivalent que les deux précédents, et surtout l'ambiance "féérique" des 3 dernières saisons donne à l'ensemble une vision de l'Univers qui se rapproche parfois des bisounours : tout le monde survit à chaque fois ou presque, la "mort" n'est plus qu'un état provisoire et abstrait (surtout pour les Ponds) et il est possible de réécrire son passé et celui de toute sa planète afin d'annuler ses erreurs, ses crimes et tous les drames du passé. A vrai dire, j'aimerais bien que Moffat profite du changement de Docteur pour inverser la tendance. Vivement qu'on puisse juger sur pièce !!
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar Stormaggedondedalus » 15 Aoû 2014, 22:52

Je crois que les dingueries féeriques qui distinguent la période Moffat se basent pas mal sur des perspectives comme celles de Douglas Adams.

(Je commence même à croire que cet homme a restructuré (ou plutôt déstructuré) la façon d'écrire la SF au Royaume-Uni (et en France ? => Le Cinquième Élément). La SF britannique existe toujours J'irais même jusqu'à dire qu'elle est devenue plus "Britannique" en fait et que c'est ce qui la démarque des créations U.S.)

Les scripts de la période Moffat s'attachent beaucoup à sortir des péripéties grotesques inattendus:
le Docteur se bat 800 ans sur Trenzalore, Amy attend toute seule pendant 36 ans, Rory pendant 2000 ans, Planet One la première de l'univers !? la planète cimetière (Trenzalore), la planète Bibliothèque, la grosse prison (Stormcage), la grosse église (Papal Mainframe), la grosse boîte de Pandore, les périodes se rentrent dans le temps dans "The Wedding of River Song", les dinosaures à Hyde Park, Dickens sur BBC One youpi et youplala...
J'en rigole. J'adore toutes ces inventions car elles ont façonné la dimension épique qui en fait une saga mythologique (comme Le Seigneur des Anneaux, Narnia, Star Wars, Harry Potter...) dont on prend plaisir à connaître le lexique. Moffat a conçu de cette façon la majorité des aliens cultes qui caractérisent le New Who. Quant à l'univalence de Smith, il est un peu la continuité du Time Lord Victorious.
Mais il peut être aussi sympathique et mystérieux/flippant que ses prédécesseurs.

Si on grossit vraiment le trait à fond, T. Davies c'est l'activiste et Moffat....c'est le hippie ! XD
Évidemment, T. Davies est lui aussi parti dans des délires: la cascade de la méduse, les Slitheens, le coeur du TARDIS, l'ineptie divine du Bad Wolf, la machine aux paradoxes, le reretour du Master (The End of Time) c'est du n'importe quoi, Journey's End est franchement barré...
MAIS cet aspect de fantastique décontractée a aussi réellement existé dans la série classique, notamment
dans les périodes Baker et Davison.
Je crois que des thèmes graves et pertinents sont abordés dans l'ère Moffat (par exemples ceux que j'ai déjà cités en première réponse) mais que c'est bien la manière avec laquelle ils sont abordés qui peut désormais déplaire aux fans de SF moraliste pure et dure.
Malgré ce manque il ne faut pas, comme l'insinuerait l'accroche du sujet, refuser le genre de "science-fiction" à DW. Le thème est et a toujours été respecté (fiction + sciences/technologies), que l'intention dominante soit la critique sociale ou le divertissement. Et puis, je balancerai peut-être un sujet "Moffat's DW isn't SF" sur Gallifrey Base pour rigoler. Mais je crains qu'on me prenne pour un hater intégriste.
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar doctor222 » 16 Aoû 2014, 00:29

Oh non, Moffat et Adams sont totalement différent dans leurs approches psychologique. D'une par DNA fonctionnait sur le principe de la pression. rendant toujours ses scénarios en retard, les retravaillant sans cesse. Adams n'a jamais été content de son travail, mais vraiment jamais, c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a finalement trois version de H2G2. Dernièrement ont a même encore trouvé des choses inédites, des chapitres jamais terminé ou totalement remanié. Moffat c'est exactement l'inverse, il est lent à fournir ses script, les compliques au possible et utilise sans cesse les même ficelle. Et surtout il n' a que très peu de réflexion.

Il fut un temps ou je disais que pour retrouver l'esprit DNA dans Doctor Who, il fallait utilisé le coté scientifique de Moffat (qui disparaîtras totalement) mais surtout l'humour de Gareh roberts (qui a d'ailleurs réussie à écrire un SHADA plus vrais que nature). mais c'était après Blink, donc au final mon jugement ne se basait que sur le double épisode avec le gamin et les anges pleureurs. Mais depuis il fait la même chose, rend les histoires faussement compliqué.

Pour en revenir au sujet, Torchwood était pour moi beaucoup plus proche de la vrais science fiction britannique que ne l'a jamais été Doctor Who.

Pour finir sur Douglas Adams. Une erreur assez commune c'est de croire que DNA écrivait de l'humour. C'était en faite toute le contraire, il n'a jamais voulus être drôle, mais ces réflexions, ces histoires sans réelle but suivant juste les tribulations d'un pauvres terriens dans l'espace ont fait que les gens ont trouvé ça drôle. Le meilleur exemple que j'ai c'est "Last Chance to See" un livre très sérieux sur les espèce en voie de disparitions. Il y dénonces certaines dérives de l'être humains. Mais pourtant j'étais plié en deux quand je le lisait, car ces propos était parfaitement juste, et surtout parce qu'il avait une manière à lui de présenter ses observations.
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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar Malohkeh » 16 Aoû 2014, 09:24

Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais pour moi la touche britannique, dans la SF comme ailleurs, c'est justement cette espèce de confusion des genres entre le sérieux, l'ironie, l'absurde et l'autodérision. Si on prend H2G2 ou dans un genre complètement différent "The Meaning of Life" des Monty Python, on navigue en permanence entre une vision désabusée de la vie et un humour grinçant et surréaliste. Dans les 2 la vie est présentée comme foncièrement absurde et assez sombre, mais l'humour et le détachement y est montré comme la meilleure attitude pour y faire face.

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Re: La science-fiction Britannique existe elle encore ?

Messagepar Stormaggedondedalus » 16 Aoû 2014, 15:23

Tu dis que pour faire du DNA l'humour de Gareth Roberts est un ingrédient alors que DNA ne voulait pas faire d'humour. Je suis un peu confus du coup :?

J'ai assimilé la perspective Adams à la période Moffat et pas à Moffat individuellement. L'exemple de Gareth Roberts est d'ailleurs juste sur cet aspect. Je ne parlais pas de méthode de travail mais d'audace de registres: oser l'incroyable et l'absurde quasi sarcastique (comme dit Malhokeh).

Pour moi, c'est effectivement le détachement à la "Always look on the bright side of life" qui constitue la touche britannique récente et même dans Torchwood, qui tourne souvent au délire avec les remarques et piques d'Owen et les caractéristiques de certains aliens.
C'est ça qu'américains et français ont, de réputation, souvent du mal à digérer: "il est emprisonné, l'univers explose, Amy est morte, pourquoi cette slapstick avec le Doc qui débarque avec un fez et Rory qui lui met une droite !?".

J'aimerais bien savoir ce qu'est pour toi (doctor222) la vrai SF britannique. Car si il s'agit du pessimisme moraliste sans second degré (voire apocalypse initiatique) alors je crois que - même si les racines littéraires et cinématographiques sont British - cette tonalité n'est plus une spécificité nationale.
C'est de la SF mondiale. On voit plutôt ça dans le blockbuster catastrophe US qu'à la télévision UK désormais.

Il y a un décalage historique (rien que par rapport à la religion on retrouve des parodies moqueuses en moyen anglais sur les paraboles !) anglo-saxon. Le Monty Python. C'est quand on a envie de me faire dire "ah, il y a de quoi pleurer mais à quoi bon, pourquoi pas rigoler !?" que je me dis "ça c'est British (et tout le monde va ptêt pas apprécier) !".

La SF britannique a inspiré le monde. Mais elle existe encore. Elle n'est plus la même, c'est tout, et est, en fin de compte, plus stéréotypiquement britannique à mon avis. Pour moi il y a eu une mouvance du pessimisme vers le cynisme.
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